SO RAD CHRONICLES – Camille Juban (comme vous ne l’avez jamais lu)

Voici l’histoire du Petit Prince de Saint-François, (Guadeloupe) devenu le King de la Nouvelle Vague mondiale.

Camille JUBAN est arrivé tout petit sur son ile chérie, La Guadeloupe, tout droit venu de Saint-Etienne, France. « Coming in from the Cold » pour trouver la chaleur des Caraïbes que sont venus chercher ses deux parents, Jean Paul et Isabelle.

Il a commencé par le surf à 5 ans au plus près de la Mèr(e) et de son curl protecteur que sont les tubes qui déferlent sur les rivages Guadeloupéens. Poussé par son père qui adore la planche, il va s’envoler avec le windsurf qui donne des ailes aux surfeurs….

Apprivoisant le lagon mirifique de Saint-François – grâce entre autres à son premier mentor Martial SUEDOIS de la Jumbo Surf School – sur le spot qui a accueilli la dernière finale de la coupe du Monde des années Fun en décembre 1987, alors qu’il n’était pas né, mais qui révéla son idole David BOURROUX , le Saintannais qui fera trembler, par sa grâce, le monde du Waveriding (le premier rider a avoir envoyé et posé un double front en compétition) pendant plus d’une décennie (1987-2001) et qui coule une retraite paisible avec son école de Kite, la LAKANA School à Moorea, Tahiti.

J’ai eu une « vision » quand j’ai vu Camille à 13 ans arriver en demi finale de la Saint-Anne Wave Classic de 2001 remporté par le King Dave comme à son habitude. David n’en pouvait plus de se battre contre un système ultra compétitif où le calcul et les plans de carrière se bâtissent en écrasant l’autre. Le Saintannais était trop « tendre » mais le Petit Prince avait dans les yeux une lueur de guerrier que n’avait jamais eu le Grand Dave.

Camille était le Guerrier Pacifique du Windsurf qu’il fallait à la Guadeloupe. David lui passa le flambeau ce jour là. C’était à lui d’aller conquérir Hawaii et le reste du monde. Le Petit Prince en rêvait déjà tout haut dans ses pupilles, dilatées par la Mer Nourricière. A 15 ans, il fit son premier pèlerinage à la Mecque du Windsurf : Maui, Hawaii et son spot mystique, Ho’okipa, où se sont bâties toutes les plus grandes épopées du Waveriding Mondial.

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Il y fut d’entrée de jeu comme flottant dans son jardin naturel, comme s’il y avait grandi aux côtés de la jeune génération Hawaiienne qui avait déjà « en formation » la super star Américaine du SUP qu’est Kai Lenny que Camille battra en catégorie Kids sur une Aloha Classic moribonde. D’un « sport« , le Windsurf, qui était en pleine crise de la 40 aine, bien plus à la mode, failli être supplanté par le « nouveau » sport qu’était alors le Kitesurf.

Camille s’en foutait du kite surf. Il était windsurfer et fier de l’être, il vivait, grâce à son père, son rêve d’Absolu Pacifique.

PUIS EST VENU L’HEURE DU CHOIX UNE FOIS RENTRÉ AU PAYS. L’ÉCOLE, OU LA VIE. OU L’ÉCOLE DE LA VIE SI VOUS PRÉFÉREZ…

Arrêter son cursus scolaire en troisième ne fut pas une décision facile à prendre pour la Famille JUBAN. Le Petit Prince, lui aussi, doutait, que faire ? Rester avec les copains ? Ou se jeter dans le grand bain flou d’une carrière Pro, où peu de riders arrivaient à en vivre. Dans la Vie il faut faire des choix et celui ci fut le plus douloureux pour ses parents et pour lui. Mais il pris son courage à deux mains et visa les sommets Hawaiiens, faisant fi du « cursus fédéral » qui veut que chaque « véliplanchiste funboarder » (en français dans le texte) se doit de passer par la case Championnat de France de slalom pour, un jour s’il a de la chance, aller « faire des vagues à Hawaii » en guise de récompense pour bonne conduite !!!

Non, Ti-Cam (son surnom de l’époque !) veut être Champion du monde de Vague !!! Et pour l’être, il faut rider parmi les meilleurs, qui se trouvent à Maui. Cela tombe bien, il est repéré d’entrée de jeu par le maitre Shapeur qu’est Keith TEBOUL, le boss de QUATRO, qui le prend sous son aile protectrice en l’invitant chez lui, alors que le kid Guadeloupéen ne sait quasiment pas un mot d’anglais. La connexion est naturelle entre les deux puisque l’Américano-Franco-Malgache qu’est Keith, a justement grandi à Saint-François où il a tiré ses premiers bords, dans le même lagon que Camille !!! Il n’y a pas de hasard dans la Vie, il y a juste des connections qui doivent se faire… ou pas !!!


retour aux sources: Camille Juban au Péi by ploofvideo

Le Petit Prince grandi vite au contact de son maitre, il est de toutes les bonnes rentrées de swell sur l’archipel Hawaiien, part avec lui à 16 ans à Tahiti (gros choc pour lui !) et à chaque fois qu’il rentre au pays, force est de constater qu’il progresse à vitesse grand slash. Faisant ses dents sur le Championnat de Guadeloupe qui allait devenir le futur GPE WINDSURF TOUR grâce à une poignée de bénévoles emmenés par le Boss, Eric « Windy » MARTIN, il va se frotter au tour Pro PWA (devenu au fil des années de crise un championnat de vague Européen plus que Mondial) avec comme choix pourris, les contests dans le vent fort des iles Canaries l’été où dans le froid glacial de la « grande finale » de l’ile de SYLT en Allemagne et en septembre….

Camille, devenu GPE 8 (pour GUADELOUPE + l’infini !), n’y est pas à l’aise. Le pur Waveriding n’y est qu’une « vue de l’esprit« . Le circuit PWA ressemble plus à un concours de Bump and Jump qu’a du réel surf à voile. Mais son rêve d’en devenir le King reste intact, d’autant qu’il saute avec succès sur tous les « vrais contest » de vagues qui voient le jour sur la planet. Il gagne à Tahiti,un invitational organisée par Baptiste Gossein sur le monstre de Teahupoo, face à un parterre d’invités prestigieux. Notamment la Star Hawaiienne Levi SIVER… Il enchaine ensuite et brille encore et toujours sur les superbes Wave Classic de la Réunion, organisées par le français Steve PALIER et qui finalement, après trois éditions démentes de radicalité, jetera l’éponge face au lobbying de la PWA (qui fera tout pour saboter ce tour « concurrent » en interdisant à son top ten de s’y déplacer !!!).

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Le Petit Prince s’est déjà fait un nom en Guadeloupe et à Maui quand il finit second d’un concours de jump kamikazes à Ho’okipa, remporté par Levi. Camille est complet. Contrairement aux hawaiiens qui ne naviguent que tribord amure, GPE8 a appris ses bases dans la Caraïbes où le vent souffle à l’inverse du Pacifique.

IL MAITRISE TOUTES LES FACETTES DU WAVERIDER COMPLET. SAUT, WAVESAILING, SURF PUR : IL DÉCHIRE !!! TOUT CA AVEC CE PETIT PLUS QUI FAIT LES ÊTRES À PART : LE STYLE…

Ce n’est pas le travail qui fait le style dans les vagues, c’est la symbiose avec les éléments, qui donne ce grand supplément d’âme au Waverider. La sauce Mayo/Ketchup/Piment (spécialité made in GPE8) commence à prendre de partout dans le monde de la presse mondiale windsurf, sauf en France !!!!!!!!!

Ici, on hallucine total sur le traitement réservé à Camille. Comme si notre Métropole chérie oubliait qu’ici aussi en Guadeloupe, c’est la France !!! Comme disait l’une de mes nombreuses grand mère – Maman Loulou – « il ne faut pas blâmer une contrariété« . Gooo Camille, trace ta route Petit Prince de la Kaye Guadeloupéenne, tu es, à nos yeux déjà, le KING GPE 8 et le monde entier le sait même si cela lui brule les rétines…

ADDICT – CAMILLE JUBAN from Theo Reynal on Vimeo.

En 2011, le salut du Waveriding Mondial est en gestation, grâce à la volonté d’une fée Américaine nommée Sam BITNER. Elle crée, quasi à elle toute seule, un tour concurrent de vague, l’AMERICAN WINDSURFING TOUR. Avec 5 étapes de part et d’autres du pays continent, où le windsurf n’a jamais vraiment « explosé » depuis sa création en 1969 par Jim DRAKE et Hoyle SHWEITZER (pour une question de licence et copyright, ce dernier a « à l’insu de son plein gré » martyrisé son « bébé » en l’empêchant de grandir en son sein…) La grande nouvelle pour le windsurf,  c’est le retour en terre hawaiienne de feu l’ALOHA CLASSIC, que Sam renommera MAUI MAKANI CLASSIC et que Camille remportera dans des conditions dantesques face aux meilleurs locaux spécialistes du spot !!!!

JAMAIS AVANT, UN FRANÇAIS N’AVAIT GAGNÉ DANS DE TELLES CONDITIONS (vent ultra light et vagues énormes) ET DEVANT UN TEL PLATEAU.

Ce jour de novembre, le petit Prince est devenu le ROI des sommets Hawaiiens !!! La PWA enrage, Rich PAGE, son boss, est vert de fiel sur la plage, car bien qu’elle ait son siège social à Maui, elle sent que sa mainmise chancèle. Car sans finale à HAWAII, son « Pro tour » demeure plus un European Tour qu’un World Tour !!! C’est à MAUI que se font les légendes du Windsurf et nulle part ailleurs, seeenn ?!!?

GPE8 change de statut sur l’ile bénie du windsurf et change de sponsors voile en intégrant Maui Sails. Sur ses 4 sponsors principaux, deux sont Hawaiiens (Quatro et Maui Sails) et deux sont Guadeloupéens (Long Horn et Taïnos)… L’année suivante en 2012, il est au coude à coude avec la Superstar Levi SIVER…       … qui craque alors que Camille gagne le Tour AWT à l’Overall en remportant 3 des 6 contests qui le composent. Il échoue à Maui, en demi finale, confronté à un certain « favoritisme« , en faveur du nouveau transfuge Brésilianno-Hawaiien : Marcilio « Brawzihno » BROWN… #NoMoreComment.

Camille Juban MauiSails Pro Rider from MauiSails.com on Vimeo.

Dans la foulée, il sort un DVD grandiose avec ses potes de part le monde, DON’t LET GO (feat’ Flo JUNG, Boujmaa GUILLOUL…) En 2013 il survole encore les étapes AWT et arrive en leader à MAUI. La MAUI MAKANI CLASSIC est redevenu l’ALOHA CLASSIC avec deux contests en un. D’un côté la finale de l’AWT servant de trials pour la « grande finale PWA« . Ce sera l’année de Levi SIVER, enfin relâché sur « son home spot » et qui gagne chez lui, Camille fait 3 mais gagne à l’aise le Tour. La « Guerre des deux mondes » AWT Versus PWA a bien lieu sur la Finale PWA. L’AWT gagne par K.O dès la première reprise avec l’éviction sans gloire du Champion PWA, Philip KOSTER (le génie du bump and jump babord des Canaries qui n’est vraiment pas à l’aise tribord amure en conditions Hawaiian down the line).

Camille fait se fait « sortir » en demi finale des repêchages par Josh ANGULO sur un heat où les juges prendront plus de 30 minutes (sic !!!) pour faire une addition de deux notes !!!! #NoMoreComment part2… le KING GPE 8 est alors au faît de sa gloire Américaine et mondiale (à peine « deux lignes » dans la presse spécialisée web et papier française !!! Non présente sur les lieux d’ailleurs…). Il « tape » en local GPE deux gros sponsors. Il voit la vie en rose et a un agenda de ministre. Planchemag, le magazine de windsurf français, se réveille en Mars 2013 et lui consacre 8 pages sur un surf trip fait entre copains sur les reef outside de la Guadeloupe : Les fameux CODE RED de Vincent Beauvarlet et Arnaud Levillain… Il enchaine les couvertures de magazines partout à l’étranger, Canada, Angleterre, Japon… et se luxe l’épaule sur une petite session de surf. Premier couac physique sur sa route pavée d’écume, il se rééduque, rebrille « comdab’ » sur le circuit AWT, il explose en aout le record du monde de la plus longue vague surfée au Pérou, avec un ride de plus de 7 minutes et intègre le GUINESS BOOK.

Touuuut va bueno dans le meilleur des mondes. Il trippe de plus en plus avec Antoine « titoun » MARTIN, son petit frère Guadeloupéen, qui est son seul gros « concurrent » sur le GPE WINDSURF TOUR (et qui avance lui aussi à vitesse grand V dans son sillage). La Guadeloupe a désormais deux perles mondiales, qui sont comme deux frères et qui attaquent le monde sur tous les fronts car Titoun a choisi la voie de la PWA. Ils s’entendent à merveille et enflamment tous les spots qu’ils chevauchent.

C’EST EN FAMILLE QUE S’EST BÂTI LA CARRIÈRE DU KING GPE 8.

Sa famille réelle, avec son père et sa mère, toujours là mais qui le laissent faire ce qu’il veut quand il veut, sa grande soeur Charlotte, la queen de la vague made in GPE des 2000’s mais qui a préféré les études pour devenir ostéopathe. Mais aussi son petit frère Tom, de toutes les campagnes Hawaiiennes et qui commence à se faire un prénom en terre promise. Ses sponsors historiques aussi, que sont Quatro, Taïnos et Long Horn et qui font partie intégrante de la famille. Les rapports qu’il entretient avec eux vont au delà du windsurf. Tout ça sans oublier sa famille locale que sont les riders du GPEWT, pour lequel il est devenu avec Titoun, la locomotive à rêves.

2014 avait tout pour être son année de gloire mais ce sera celle de son génie de pote, Thomas TRAVERSA sur le tour PWA.

Car pour lui la descente aux enfers est proche avec une nouvelle luxation de l’épaule. Après 2 épisodes de luxation, il est clair que les rééducations ne peuvent plus rien faire pour stabiliser l’articulation et c’est au Sultanat d’Oman, où il est en trip photo avec Titoun et le photographe Pierre BOURAS que son épaule va à nouveau sortir !!!

C’est la cata. L’opération est impérative et il n’a pas d’autres choix que de passer sur le billard, en Aout, en Guadeloupe. Il fait une croix sur sa fin de saison en loupant de fait la finale hawaiienne de l’AWT et PWA.

Dur, très dur de voir les copains s’amuser pendant que l’on se soigne. Mais le plus dur est à venir, car il perd dans la foulée son sponsor voile, MAUI SAILS, aux prises avec des difficultés financières. Le boss, Phil MAC GAIN, lui annonçant la bonne nouvelle en fin d’année, alors que le mercato est quasi déjà terminé de partout… Sympa Philou le rigide, merci. Le cauchemar continue en Guadeloupe avec cette fois ci avec la perte de ses sponsors ORANGE pour qui il organise depuis deux ans, et ce de main de maitre, une compèt pour les jeunes à l’énorme succès, les CJ KIDS CLASSIC !!!!! Pour couronner cette mauvaise tarte dans la gueule économique, il perd aussi HYUNDAI, qui lui filait de quoi se déplacer. WTF ?!!?

Sympa les gars!!! En gros, sachez que dans notre monde actuel, si le lion est blessé, ses vrais « amis » fondent comme neige au Sahara et le Sahara est de plus en plus chaud en cette fin d’année 2014. AVANTI SAILS saute sur l’occasion de se payer un King et GPE8 est emballé par l’idée de recommencer tout le travail qu’il a effectué avec Maui Sails dans le développement des voiles. Ça, c’est fait !!! Il signe des deux mains, et bosse comme un forcené tous les jours sa réeducation, la rage au ventre. Il a faim de windsurf mais son épaule n’est pas prête. Pas encore. Il organise encore une fois sa CJ KID CLASSIC avec la Freestyle School de St Anne. Tous les kids sont aux anges. Il ronge son frein, pendant la TAÏNOS SOUKOUSS, en venant faire juge. Il n’en peut plus d’attendre, mais a dans le viseur la première étape de l’AWT qui se déroule au CAP VERT (honteusement boycotté par la PWA – article à venir !) en février. Ses premiers bords de l’année, il les tire sur la fameuse SAINT-BARTH FUN CUP, où il s’éclate avec tous ses copains du TEAM GUADELOUPE . Quand il part enfin au CAP VERT, il est affamé. L’heure est à la reconquête !!!

IL N’EST PAS VENU PRENDRE, IL EST VENU CONQUÉRIR. ET CE QUI ARRIVE EST INELUCTABLE !!!

Le KING GPE 8 défonce le spot en free session, avec le plus gros air de toute sa vie, mais aussi le contest où il arrive en finale contre Kauli SEADI l’autre génie du pur wavesailing. Les choses sont claires. Les blessures du sportif sont là pour le faire progresser. Progresser vers le bas ou le haut, c’est un fait et ou vous en sortez grandi ou complètement affaibli. Cette blessure à l’épaule est ce qu’il pouvait arriver de mieux à Camille, car dorénavant, il sait qui sont ses véritables amis et quelles sont ses targets.

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Cette victoire au CAP VERT n’est qu’une étape de son retour vers les sommets. Son règne ne fait que recommencer…. Je souhaite bien du courage à ses adversaires, BABYLON peut commencer à trembler…

Olivié

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Un commentaire

  1. denis
    29 mars 2015
    Reply

    Superbe parcours Camille, all the best et bravo!

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