HOLLY. . . . . . WOOD – MONTAGNE EN SCÈNE FESTIVAL

Depuis dix ans le festival – Montagne en Scène – propose de passer quelques heures assis devant un écran de cinéma pour enchainer les courts et moyens métrages tournés sur la montagne. Le concept de faire une tournée mondiale dans différentes villes pour faire découvrir ces films est carrément cool. Si la Glisse n’a pas de Frontière, la Montagne non plus. Édition hivernale oblige, c’est à grands renforts de ski et d’alpinisme que nos rétines se sont faites assaillir sans répit.

Comme on a reçu un carton d’invitation, on y est allé, histoire de s’en mettre plein les rétines et aussi de tester les fameux sièges inclinables et hors de prix du Pathé de Chambéry, peut-être un poil trop confortables…
Récap’ tout en critique de notre soirée, film par film, dans l‘ordre de notre très personnelle préférence. Un truc tout de même, les personnes dépeintes dans les divers films n’ont qu’une chose en tête. Réaliser un exploit, vaincre les sommets, les éléments, la nature, … quitte à en payer le prix fort. Une notion que nous trouvons quelque peu égocentrique et qui nous questionne. Peut être plus tard…

This Is Home – Candide Thovex et Henry Sildaru

Sur mon carnet, j’ai marqué, en gros, juste après les trois minutes dix neuf secondes que le film propose : INUTILE !!!

Et c’est le seul reproche que je ferais au festival, c’est d’avoir communiqué sur la projection du dernier film de Candide Thovex – qui est d’ailleurs le film de la marque sponsorisant le meilleur skieur du monde – alors qu’il ne s’agit là que d’un clip en caméra embarquée de plus, sans audace ni aucune saveur. Ceux qui seront venus pour voir un film avec THE Candide Thovex peuvent sortir les mouchoirs et retourner derrière leurs écrans d’ordinateurs de smartphone. La séquence se focalise sur un prétendu passage de témoin entre la légende vivante et le jeune Henry Sildaru (dix ans au moment où les images ont été tournées). L’idée est sympa, mais ça ne donne rien sur la toile. L’immersion n’est pas là malgré le son brut, laissant le vent s’engouffrer et les carres crisser sur la neige. Pas très agréable d’entendre ça au cinéma… Alors certes, le niveau en freestyle de l’enfant est impressionnant (mais il faut s’y connaitre en ski pour vraiment s’en rendre compte) mais on n’en a pas le souffle coupé comme avec les derniers clips One Of Those Days de l’artiste. Candide est toujours loin devant sur l’image, on le devine plus qu’on ne le voit, et il semble que Go Pro n’ai toujours pas stabilisé ses caméras – probablement au nom de la quête d’immersion complète.

Du coup on a juste eu l’impression de voir une tentative de coup de pub, à défaut de coup d’éclat. Coup de pub, pour la marque et son film, qui nous fait plus l’effet d’un pétard mouillé qu’autre chose. Mais peut être que nous sommes trop exigeants…

Waking Dream – Sam Favret et Julien Herry

Diable ! Que ce film se prend au sérieux. Beaucoup trop si on nous demande. Si vous lisez ces lignes, c’est d’ailleurs ce que vous attendez de nous.

L’engagement sportif est au top, mais ce n’est pas ce que l’on attend d’un film qui s’appelle Waking Dream. Personnellement, je m’attendais à rêver les yeux ouverts. Au lieu de ça, ils se seront refermés plusieurs fois pendant la petite demi heure du moyen métrage. Je me suis ennuyé. L’action est au rendez vous mais les riders répètent avec un tel sérieux que la haute-montagne, c’est dangereux, qu’il faut connaitre ses limites, et bla bla bla. Ne vous méprenez pas. C’est bien de mettre en garde et d’éviter que n’importe qui ne se foute en l’air sur le premier bord de piste venu. Mais là, on a l’impression que le film, qui se présente comme un rêve éveillé, ne fait que rabattre et rabâcher le fait que c’est risqué, qu’il faut en baver, se faire peur pour être bien, pour être libre et donc s’affranchir du train train quotidien et tout ça à grand renfort de voix off solennelle et bien trop grave… Un peu de rêve et d’humilité ne ferait pas de mal je pense. Mais ce genre de ton use et abuse de ce qui fait l’air du temps depuis un trop long moment. Pour finir, il leur manque à mon sens un caméraman. Des prises de vues fixes seraient bienvenues. Il n’y a que des images aériennes ou embarquées. L’œil se fatigue, demande du répit, se referme, l’attention s’éloigne…

Bel effort au final dans la réalisation, avec une musique originale et écrite pour le film mais qui ne sauve pas l’ensemble. Trop de répétitions dans l’action, le ton et les prises de vues en font un film que l’on ne souhaite pas revoir plus tard.

Riso Patron – Flying Frenchies

Le film que j’attendais le plus…      … et qui m’aura peut être le plus déçu.

Les paysages de la Patagonie sont dingues et les locaux ont l’air d’une bienveillance et d’une simplicité, dans leurs styles de vie, à toute épreuve. Rien que pour ça je ne regrette pas de l’avoir regardé. Mais l’humour et la légèreté qui me plaisait tant dans les dernières productions de l’équipe manquent à ce nouvel opus. Je ne suis pas un alpiniste. A n’en pas douter, un spécialiste saura apprécier le film. C’est ce que je lui reproche, le film s’adresse à un public de connaisseurs. Je n’ai pas pris plaisir à les voir souffrir, à les voir rebrousser chemin, reporter leur expédition avant d’enfin gravir, par une autre face que celle initialement prévue, le Riso Patron. Je n’ai pas souri lorsqu’à la fin, l’une des dernières phrases résonne dans ma tête comme un couperet :  » La liberté ne s’acquiert que si l’on en bave, que si l’on repousse nos limites dans leurs moindres retranchements « . Je ne partage pas cette vision spartiate de ce que peut être la liberté. On n’a pas besoin de s’enfermer dans la douleur pour savoir que l’on peut surmonter une épreuve et ainsi s’en sentir libéré et libre.

Je garde de ces cinquante deux longues minutes de film les paysages sublimes qui confirment mon désir de partir quelques temps en Patagonie, l’abus de plans style go pro confirme aussi et à nouveau mon désamour pour ce genre d’image et l’utilisation que la plupart des gens en font, les alpinistes de ce film inclus.

Hommage à Ueli Steck

Cet ancien charpentier suisse, devenu alpiniste de renom, a disparu sur les pentes du Nuptse, au Népal, en Mai dernier. Parmi ses ascensions notables, il avait conquis en solo la face sud de l’Annapurna et s’était envoyé la face nord de l’Eiger en moins de deux heures trente. Encore une fois nous ne sommes pas des alpinistes donc ça ne nous parle pas vraiment. Mais le clip de cinq minutes, monté à partir d’extraits d’interviews et de films, émeut quelque peu.

« La montagne, c’est dangereux, il suffit de l’accepter » le film se termine sur cette phrase de l’alpiniste. Nul doute qu’il a accepté son funeste sort. Quant à ses proches…

Marco, Etoile Filante – Marco Siffredi

Toujours aussi beau et émouvant, intense et puissant. Le film de Bertrand Delapierre sorti en 2008 n’a pris de ride que par son format 4:3.
Le lyrisme de la voix off, la passion et la Vie qui se dégagent de l’atmosphère du film nous marquent, ainsi que la vision anarchiste de Marco lorsqu’on le questionne sur le sens de la vie sans compromis, extrême dans son style de vie et à l’engagement sans limite. Fuyant les masses mais paradoxalement assoiffé de reconnaissance pendant longtemps, il voulait marquer les esprits. Il aura fini par réussir son coup en disparaissant sans laisser d’autre trace que le souvenir brûlant qu’il laisse dans son sillage de poudreuse et de glace. Alors que 2018 arrive, peu de riders, d’où qu’ils soient – arrivent à mêler cet engagement sans perdre cette innocence et cette ferveur quant à vivre. Si bien que le film laisse un goût amer dans la bouche une fois fini ; un personnage mis sur un piédestal une fois disparu, et des athlètes de nos jours que l’on pousse à l’exploit – il en faut toujours plus – sans pour autant les présenter accessibles et humains.

Chez So Rad Le Mag, on ne peut s’empêcher de tiquer. Un esprit qui ne plairait assurément pas au jeune snowboarder et nul doute qu’il le dénoncerait et s’en moquerait avec la répartie dont il fait preuve tout au long du film, si seulement il était encore avec nous. Prenez-en de la graine jeunes athlètes qui nous lisez.

Ya Mas Snowmads in Greece – Fabian Letsh

Mon coup de coeur !!!

Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre mais ce film m’a conquis, et m’a gratifié d’un immense plaisir à le visionner ; un jour, la Glisse sauvera le Monde !!! Le seul hic, c’est la langue germanique qui couvre la voix off. Mes oreilles sensibles aux douces mélodies en frémissent encore. Mais voilà un goût tout à fait personnel qui ne nuit absolument pas au plaisir que j’ai pris à regarder ce film. Tout y est bon. Le montage, l’ambiance de franche camaraderie qui règne entre les riders et les locaux rencontrés en chemin, le véhicule lui même !!! Les paysages sont superbes, variés, il en va de même pour les images.

Le feel good movie de l’hiver, de cette édition hivernale du Montagne en Scène tout du moins. Sans atteindre le niveau de lyrisme visuel d’un Valhalla de Green Grass, le film de Fabian Lentsh fait son job, on y ressent vraiment l’esprit du trip entre pote et le sourire reste pendant plusieurs jours après avoir vu le film.

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