HOLLY. . . . . . WOOD – Paradigm Lost

Depuis quelques jours, les réseaux sociaux – ceux qui tournent dans notre doux univers tout du moins – tremblent d’excitation, avec plus ou moins de grands et sérieux effets de manche, quant au nouvel ovni cinémato-surfistique qu’un certain Kai Lenny vient de sortir. Ils insistent d’ailleurs largement sur le fait que le film n’est gratuit que pour une durée indéterminée sur le site de streaming du taureau rouge ailé, dont le jus te tient éveillé (tout une soirée même, en y mixant avec de la vodka. Si si !!!). Moi, devant la platitude et la similitude promotionnelle dont la plupart des enseignes 2.0 en parlent, je me pose la question de savoir si ils l’ont seulement vu. . .

Kai Lenny, à la base, j’aime pas trop. Je ne le connais pas du tout. Je ne l’ai jamais rencontré et ne saurais me fier au « on m’a dit que. . . ». Mais Kai me donne cette triste impression d’être un ado-sandwich, à l’instar de gars qui bossent dans la rue, avec une pizza en carton ceinturée autour de la taille, pour grappiller quelques centimes. Il me donne cette impression d’être l’illustration vivante du surf capitaliste, et capitalisant sur l’effet de mode des sports extrêmes, vendant un esprit authentiquement falsifié à des gamins qui ne prêtent nulle attention au monde qui les entoure si la luminescence d’un écran n’illumine pas déjà leurs pupilles rétro-dilatée. Mais tout objet de propagande qu’il puisse être, il faut admettre une chose. Le sandwich est excellent. À ce niveau là, c’est carrément un pain bagnat. Un surdoué – de toute évidence oui – qui a été privé de sa jeunesse au profit d’exploits hors norme, dont les sponsors et annonceurs ont fait, et font toujours, recette, le poussant à développer son image de superstar de tout se qui glisse sur l’eau. Il a l’air heureux, certes. L’est-il vraiment ? Je pense qu’il n’a lui même pas le droit d’avoir la réponse, ni même d’y donner un semblant de réflexion. Mais là n’est pas le sujet. Le sujet, c’est le film qu’il vient de sortir. Le sujet, c’est Paradigm Lost.

Paradigme, en français donc, c’est la capacité à pouvoir tout analyser et à tirer le meilleur parti de ces analyses – l’océan et ses vagues, en ce qui concerne l’hawaïen – capacités perdues (le Lost qui suit le Paradigm) et oubliées dans le milieu de la glisse – imagées dans le film, en faisant témoigner, face caméra, d’autres sportifs quasi-légendaires : Jamie O’brien, Levi Siver, Airton Cozzolino pour n’en citer que quelques uns.

Une heure et trente secondes, ça fait un film de glisse sacrément long. Et pourtant le temps passe vite. Les séquences sont courtes, bien rythmées et plutôt bien filmées. L’action y est omniprésente, de même que le sourire ultra-bright de Kai Lenny (qui passe bien mieux dans ce film que dans la plupart des clichés que l’on peut retrouver ici et là…). Quelques touches d’humour glissées entre deux déferlantes (merci Albee Layer), les standards du film de surf post 2010 sont là (comprenez, pas de bikinis, c’est trop sexiste. Et donc pléthore de gros muscles luisants et d’abdominaux protéinés. . .) et l’action est vraiment ahurissante et remarquablement filmée (là où le film de John John Florence, View From A Blue Moon, en avait déçu plus d’un, usant et abusant des mêmes procédés). Bref, le film se laisse facilement regarder, aussi facilement que l’on enchaine les clips que l’on trouve sur l’internet survolté. On regarde le film pour voir des grosses vagues, on finit par l’aimer (voir l’adorer pour certains) pour le déballage de bonne glisse auquel on assiste. Tous les sports que pratique le jambon-beurre le mieux payé de la planète surf y ont une part égale, et la partie foil donne presque envie de s’y mettre tellement les plans y sont excellemment filmés. Au final, si l’on regarde ce film et ce gamin comme étant les meilleurs représentants de ce que la glisse aquatique a à offrir, on se dit que le slogan de So Rad Le Mag – La Glisse c’est FUN – est vraiment bien trouvé.

Et puis quand l’euphorie du film retombe, que je retrouve mes valeurs, chaudement conservées dans les pensées évoluant sous mon épaisse chevelure, je me dis que merde, le film est tellement bon qu’il va falloir changer de slogan !!! Les tentations sont donc partout !!! Chapeau Kai pour les images, il ne fallait pas attendre un film engagé de toutes les manières. Et pourtant, de même qu’un Walt Disney peut toujours faire passer un gentil message humaniste (mais pas trop quand même hein) Paradigm Lost, se veut chantonner un monde plus libre, plus fun et un poil moins prompt à juger, quelque soit le support utilisé pour surfer une vague.

Voilà pourquoi – et ce malgré les producteurs qui contribuent chaque jour à tuer un peu plus l’esprit originel du surf, celui qui aurait pu un jour sauver le monde – ce film a sa place dans nos pages web, sans faire de pub aux sponsors pour autant. Vous n’aurez qu’à google-iser le titre du film, ou à retomber sur un des ces mini posts parlant de la disponibilité provisoirement gratuite du film sur internet, pour le visionner en ligne sur votre TV 4K. Et quand il sera trop tard, ne me faites pas croire que vous ne savez pas quoi faire de vos doigts sur un clavier pour le retrouver. . . Bande de pirates !!!

Colin

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