DAMIEN CASTERA – Aventurier Surfer

Damien Castera est un surfeur aventurier Basque. Ancien membre de l’équipe de France, il choisit vite de délaisser le milieu de la compétition pour se tourner vers le monde, les vagues vierges, la nature et l’homme qui l’habite. D’Alaska en Papouasie, de la Patagonie jusqu’au Libéria, Damien sillonne la planète avec un regard humain. On lui avait proposé d’écrire le mot de la fin, pour le mook De Courbes et de Ligne qui devient finalement une série de Carnets So Rad.

Merci à toi Dams, et à bientôt…

C.

« Voilà qui est fait ! Les premières courbes ont été tracées, sous formes de lettres, sous forme de mots, de récits enchainés, et lignes après lignes ce premier carnet de la glisse est né. C’est toujours très grisant d’inscrire le premier mot, de laisser la première trace. Car c’est bien de cela qu’il s’agit ! La page blanche est à l’écrivain ce que la neige immaculée est au skieur, l’horizon au marin, le jour nouveau à l’aventurier. Poser le premier mot, inscrire la première courbe, tracer la première ligne, c’est partir dans la vie en appréhendant le délicieux vertige de l’inconnu..

  L’idée de ce magazine était de réunir les amoureux de sports extrêmes et de tisser sur papier la toile de leurs aventures. Voguer entre mers et montagnes en réunissant le corps et l’esprit, l’action et la réflexion, tenter de déceler à travers ces différents  parcours un dénominateur commun. Celui de la glisse évidemment, célébrée à travers le prisme de la liberté et de l’anticonformisme. Voyager sans le sou, board sous le bras sourire sur la gueule, fabriquer des planches sans signature pour  ne plus confondre “art” et m”art”keting, dévaler des pentes d’asphalte ou sauter de branches en branches au milieu des forêts primaires, les protagonistes de ce premier numéro ont tous en commun cette envie de ressentir pleinement l’intensité du monde. Car peu importe le support ou la manière, que l’on chausse des skis ou que l’on waxe sa planche de surf, sur les plus hautes cimes ou sur les océans, en van ou en voilier, partir, c’est tout simplement aimer la vie en élargissant son champ d’action au monde entier. Faire de ce qui nous entoure un terrain propice à l’émerveillement, à l’enchantement, au dépassement, une ode au plaisir. Pas besoin de grands motifs pour cela, le voyage se suffit à lui même parait-il. Sylvain Tesson disait il y a quelques mois, en préambule du festival de films d’aventure de Val d’Isère, que les aventuriers-voyageurs ont toujours des motifs très nobles pour expliquer leurs motivations : la science, la connaissance de l’autre, l’écologie, l’humanitaire… Il est très rare pour eux d’invoquer la notion de plaisir, comme si celle-ci ne suffisait pas au départ. Faisant écho à Gérard de Nerval, il ajouta ces vers magnifiques avant de rejoindre la salle de projection : “Blonde ou brune faut-il choisir, le Dieu du monde c’est le plaisir.” Voilà qui pourrait parfaitement servir d’épigraphe à ce premier numéro de courbes et de lignes.

 Les sports extrêmes englobent également une notion intrinsèque de danger : avalanches, vagues scélérates, saut dans le vide, sortie de route… Dans une société de plus en plus sécuritaire, où le principe de précaution prime sur le goût du risque, ces athlètes apparaissent alors comme des libertaires, des résistants pacifistes, des anticonformistes préférant la fuite poétique à l’âpreté du combat politique, “la griserie à la grisaille promise”. En voyage ou en expédition, sur la crête des montagnes ou sur la cime des vagues, l’existence se déploie car  “l’aventure vole du temps à la mort…”

Damien« 

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