SO RAD EN BALADE – DÉFI FOLY

Vingt minutes que nous sommes à La Clusaz. Vingt. La piste d’élan brille de mille feux, éclats de neige grossièrement printanière, se miroitant des brûlantes caresses du soleil. L’éclat continue de scintiller sur les eaux glacées du Lac des Confins. En face de nous, une longue piste. Des gars remontent la pente à pied, skis, snowboard ou monoski sur l’épaule, sous le bras. Certains sont déguisés, d’autres non. Tous, sans la moindre exception, portent une combinaison de plongée ou de surf. La voix du speaker s’élève dans les airs. Il harangue la foule, hausse l’ambiance et l’atmosphère de quelques degrés de plus. La neige ne fond plus, elle ruisselle. Un premier skieur s’élance, droit dans la pente, il se fait flasher à près de quatre vingt kilomètres heures avant d’entrer au contact de l’eau. Solide sur ses appuis, il glisse. Vingt, quarante, quatre vingt, cent trente deux mètres sont parcourus tout en glisse sur le lac et son eau ne dépassant pas les quatre degrés. La foule hurle, un bateau de sécu vient repêcher le skieur. Un autre s’élance. Impact, une faute de carre, et le corps de rebondir sur la surface de l’eau avant de s’écraser avec force et fracas dans un feu d’artifice de glaciales gouttelettes. Le speaker s’exclame et gueule au public de lever le nez, un hélicoptère passe et dans le ciel et lâche quatre wingsuiters. La musique monte elle aussi en intensité. Le soleil tape fort. C’est une belle journée.

Vingt minutes que nous sommes à la Clusaz. Vingt. Et alors que le Défi Foly bat son plein, c’est l’envie de pisser qui me prend. Je laisse mon appareil photo et mon chien à la famille présente et entame la courte ascension joignant les bords du lac aux commodités publiques. Entre deux plaques de neige, la boue. Sous la boue une planche. Dépassant de la planche, un clou. Un beau clou. Le clou du spectacle même. Droit. Fier. Rouillé comme il se doit. Ma semelle ne suffit pas à l’arrêter. La chair de mon pied n’est que gâteau moelleux sous l’appétit de la pointe acérée. S’ensuivront moults galères. Vomi canin sur jambe dénudée, voiture embourbée et embouante, vaccin anti-tétanique plus où moins improvisé, bouchons sur le chemin du retour. Que de folies sur ce défi.

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