L’ABEILLE QUI AIMAIT LA SURFWAX – Les Carnets So Rad

Une nouvelle engagée avec le surf comme toile de fond et l’esprit libertaire de Paul Lafargue planant au-dessus d’une abeille déboussolée, se prenant de passion pour la cire de surfwax –

(…)Il fait beau.
Le soleil cogne fort, pas le moindre nuage à
l’horizon. Les cigales chantent et les fleurs, tous pistils dehors, captent chaque rayon comme une bénédiction, offrant aux abeilles leur précieux pollen. La saison bat son plein, les butineuses se donnent à fond et les ruches résonnent et vibrent d’un bourdonnement quasi incessant.
En plein milieu de la campagne verte et jaune, une route, aussi noire que longiligne. Les mirages de flaques d’eau apparaissent à chaque irrégularité de terrain, et disparaissent dès que le champ de vision devient plus net – inexorable autant qu’infatigable illusion d’optique assoiffant les esprits.
Sur la nationale, apparaît un vieux van. Un Chevrolet Chevy de 1988 vient troubler, dans le vrombissement de son vieux V8, le flow incessant de bagnoles neuves et rutilantes, aux vitres fermées en plus d’être teintées. Quand les passagers de ces dernières se retrouvent privés du plaisir de goûter à l’air libre et préfèrent, comme le reste de l’année, rester cloisonnés dans leur univers climatisé, aux senteurs dorées bien qu’aseptisées, ce van vient prouver que l’on peut encore s’abandonner à l’ivresse que procure le vent chaud s’engouffrant dans les fenêtres ouvertes. (…)

Texte et illustration de Colin Hemet – 20 pages + couverture – 7 €

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