REMI BERTOCHE – Artiste Surfeur Rêveur

Ancien surfer pro, Rémi est devenu peintre. Il signe maintenant des toiles pour quelques éminents émirs de quelques terres orientales, parfois en collaboration avec un certain Prince de Monaco, quand il ne peint pas sur les plus grands tournois de golf. Mais ce qui me touche le plus dans l’art de Rémi, ce sont les vagues, celles qui l’ont vu grandir et poser ses premières courbes, ses premières lignes, sur les faces bleues des déferlantes, dans les Landes…

C’est entre deux avions, quelque part sur la planète Terre, que Rémi signe ce qui aurait pu être la première préface de notre papier « De Courbes Et De Lignes ».

Merci l’ami.

 » J’avais 12 ans, mon père m’a dit ‘‘soit tu trouves quelque chose à faire cet été, soit tu vas castrer le maïs !’’. Sitôt fini de l’écouter, je grimpais sur mon bolide à pédale et je demandais au club de surf local si ils n’avaient pas un petit job d’été pour moi… Je leur ai proposé de passer le balai, de garder la cabane quand les profs étaient en cours, de les aider à ranger le matos, de les accompagner sur l’eau, … Bref, je pouvais tout faire tant que je ne me retrouvais pas à aller castrer le maïs. Ainsi je dégottais mon premier job, en échange d’un repas le midi, d’une panoplie de fringue et d’une planche de surf offerte par Yann Martin – coach de quelques uns des meilleurs surfeurs français – qui habitait dans le coin à l’époque. J’étais évidement comblé, j’y suis retourné chaque été et j’ai su dès lors que ma destinée se ferait les pieds dans l’eau, mes études seront celles des bancs de sables…
De ces années, un souvenir est resté gravé dans ma tête, à jamais.

C’est un jour de tempête, le ciel est bas, l’océan déchaîné, des murs de plus de 3m explosent au loin. Le vent souffle, faisant siffler les grains de sables sur les vitres de la cabane où nous sommes cachés. Mis a part un vieux monsieur venu promener son chien et retournant sur ses pas dès le haut la dune passé, personne ne sort le nez dehors. Je suis en train de gribouiller des croquis de vagues sur les murs en bois, qui expliquent les règles de priorités, quand je vois descendre un type ayant la plus parfaite allure «du vagabond » : pantalon troué, débardeur, cheveux jusque là, peau brûlée par le soleil… Il regarde les vagues un moment. Je suis intrigué. Il repart et revient quelques minutes plus tard, vêtu d’un short et d’un top rose orangé, une board Rusty flambant neuve, avec un petit logo Billabong posé sur le nose, sous le bras,. Je l’observe dans les moindres détails. Il me semble l’avoir déjà vu quelque part. Dans un magazine peut-être. Tous mes sens sont en éveil. J’alerte les deux moniteurs qui continuent de roupiller. Je grimpe sur une chaise et regarde par la fenêtre ce fou qui a décidé d’aller défier l’océan.  Il descend la plage en trottinant, il a l’air déterminé, et rentre dans la baïne à 500 m au nord. Je suis fasciné, encore plus quand il passe la barre après 30 longues minutes de rame. Il reste une bonne heure et prend 3 vagues qu’il surfe comme je n’ai encore jamais vu personne le faire dans ces conditions. Il balance des manœuvres que je n’avais que vu dans les magazines. Il sort de l’eau, j’ai les yeux ouvert grand comme ça, comme si j’avais vu le vrai Superman. Il remonte la plage en trottinant et disparaît. Je le reconnais quelques semaines après, passant à coté de moi. Je suis assis sur le sable, venu regarder le Rip Curl Pro à Hossegor. Il a un lycra bleu sur le dos, je checke ma feuille de séries. Son nom,  c’est Marc Occhilupo…

Ça y est, j’ai mon héros ! Je veux devenir un vagabond, un vrai surfeur comme lui, avec le discernement et les yeux de l’enfant que je suis à l’époque. Je découperai ensuite toutes les photos et posters trouvés de «Occy» pour tapisser ma chambre. Quelques années après, Billabong devient mon premier vrai sponsor contractuel, et je bouclerai la boucle en faisant la déco de ses planches lors du Bell’s Beach Pro en Australie en 2005.

Voilà à peu près tout ce que j’aime du surf. Quand les histoires sont belles, quand les lignes racontent une vraie passion, quand leurs personnages charismatiques font briller les yeux des gamins, pour les faire rêver de leurs courbes libres et engagées…

Rémi « 

Retrouvez Rémi Bertoche sur www.remibertocheart.com  ///  Il n’y a plus de mook, mais des jolis Carnets So Rad

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