THE FREESTYLERS « A LA FRANÇAISE »

Le freestyle et la France c’est une grande histoire d’amour. De ces histoires d’amour compliquées vous voyez ? Avec de très grands moments comme en 2001, où Antoine Albeau était sacré champion du monde de freestyle, en 2002, Colin Sifferlen gagnait le King of the Lake, l’évènement le plus prestigieux de cette époque. Il y a eu quelques contests de freestyle a l’époque où il y avait un tour complet et dans toutes les disciplines sur l’AFF (qui était alors AFW), et puis plus rien. Quelques bons top 10 mondiaux des Yannick Anton, Matt Bono, Léo Ray, Thomas Traversa, Nico Agkazcyian et Anto Ruenes, mais plus grand chose chez nous malgré une nouvelle scène émergente, de plus en plus solide et demandeuse d’évènements et de soutien.

En 2010, avec Manu Canepa, Cristelle du Bonifacio Windsurf, et moi-même, nous lancions pour trois années consécutives notre Freestyle Project. L’évènement fait des émules et sous l’impulsion du freestyler Julien Mas et de toute une équipe de motivés, la série des WindMeet fit des ravages pendant quelques années avant de s’essouffler par manque d’entente quant à l’évolution du circuit à tenir.

Le vent se calme, plus de freestyle en France, à de rares initatives prêts, comme une étape de coupe d’Europe puis du Monde dans le Sud de la France ainsi que quelques petits contests locaux. Et en 2018, un nouveau souffle se lève sur le freestyle à la française, avec Hexagone Windsurf, qui affiche clairement son ambition de devenir un tour français solide – on parle déjà de quatre étapes en 2019 – et voici les lignes de Sébastien Fournier qui raconte cette première qui vient d’avoir lieu à Leucate. Loin du style rédactionnel plan-plan que l’on peut retrouver dans le windsurf habituellement, Seb’ nous régale d’une prose fraiche et décalée… un nouveau rédacteur dans So Rad Le Mag ? Peut-être. Le nouveau rédacteur du frenchstyle touch’ ? Assurément !!!

Colin

Ça fait une plombe que tout le gratin du freestyle de l’Hexagone attendait ça ! Un event avec du vent !
A maintes reprises cette année, les mecs ont été obligé d’annuler event après event entre les waiting periods de mai à juin chez les Bosson à La Cahute au Brusc pour un National printanier, ou de septembre à octobre chez Nico Akgacziyan à Gruissan pour un King automnal…
C’est dire si la flotte avait les crocs. Du couteau aiguisé, de l’aileron entre les chicos.
Les gus descendaient de partout déjà depuis quelques jours, ça se chauffait dans tous les sens, les Sètois n’en pouvaient plus d’attendre, les nordistes de La Bar envoyaient déjà gros sur les spots alentours, les Toulousains déboulaient avec du gras à moudre, les locaux surveillaient les touristes, tandis que Chris Tallen et Guillaume Franc nettoyaient leurs lentilles.

Les capitaines de Cap Leucate ont mis les petits plats dans les grands : sur la plage des Coussoules, tous les grains de sable sont présents, en place pour jouer à nouveau avec la tramontane annoncée, à se mélanger encore et encore puis à rouler dans l’eau salée . La sécu de Christophe du Cercle-Nautique-du-Cap-Leucate veille déjà. Le café de Xavier accueille les plus matinaux. Les riders sont là, la crème du freestyle français et même d’Allemagne ! Quelques retardataires… mais ils seront excusés très vite par Loïc… un truc de fou : un mélange d’histoire de réveil qui n’a pas sonné, des embouteillages entre La Palme et La Franqui, la grand-mère qui aurait pris la board de Kevin, et David qui ne trouvait plus son démêlant….
Peu importe, les tableaux sont prêts grâce à une préparation aux petits oignons-champignons par l’équipe d’Hexagone Windsurf, une tambouille mijotée par Mélanie Garin, Jonathan Mourgues, Benoît Crumeyrolle et Sebastien Fournier. Maître Benoît donne le ton :  « Bienvenue à La Franqui, pour le Leucate Freestyle Contest, une compétition de Windsurf freestyle : un plan d’eau, des heats de 4 coureurs, qui en 7 minutes doivent faire un maximum de points avec des figures de style tout au bord de la plage« , et DJ JuWesh monte le son ! Le public est chauffé.
Ça envoie !21 hommes, 5 filles, des locaux, des étrangers de France, des étrangers d’Europe, des locaux étrangers, bref…. une grosse bande de riders, une bonne troupe de copains !
Les heats s’enchaînent sous les conditions tip-top, Jonathan et son orga : « ouais c’est grave cool : et d’un, on a du vent, de deux du froid, de trois de la pluie ! On est impressionné par la niveau des jeunes« .
Des bons moves posés dès les premiers tours pour tout le monde : Clément Deletrain, Julian Malol (junior), Loic Baillette à l’aise sur l’eau ; et les minots qui n’ont pas froid aux doigts, ça cause ! Mathieu Fontaine, 13 ans, n’est pas le dernier à goûter au spockOH ou à lancer un petit looping. Le frérot d’Amérique Louis Fontaine (junior) se défend à coup de flakas et autres punetas bien sentis. Les premières têtes tombent dès le repêchage : David Krief le 6fourien au démêlant perdu, Paul Hilfiger arrivé tout juste de Ré qui avait commencé à gréer sur l’autoroute, ainsi que Clément Auger pseudo-local-qui-tourne-entre-LaGanguise-et-LeRouet. Lukas Schill l’allemand, Xavier Frelin, Mathis Mollard (junior) et Nascimo Fournier (junior) aux avant-postes sur les premiers heats passent tranquille-direct en huitième. Jonathan Mourgues le shaka-man-de Thau, Nil Bacon (récemment 3ème junior européen sur l’Efpt), Kevin Ema-Otu le notaire aux cheveux longs, et Elian le grand de la family Mollard. se refont au repêchage !Les filles sortent une première manche de belle voltige : à cinq sur l’eau ça tourne dans tous les sens ! Salomé Fournier (junior) remporte ce heat face aux copines non moins survoltées :  Anaïs Gignoux (junior), l’allemande Sandra Schill (junior), Julia Quenon et Mélanie.
Chez les hommes, les grands plats sont servis, la tension s’immisce chez les riders… Heat 9-10 lancé, Jonathan et Kevin ne savent plus comment tenir leur fourchette, … des excuses de « spot teknik », de dévente au bord, … Pour leur faire plaizzir, on relance plusieurs fois en prétextant que le vent a un peu mollit, mais Lukas ne désamorce pas, les doubles-rotations paient, et Xavier switche en chachoo ou tchache en switch ?! Le heat 11-12 qui suit est un combat de coquelets avec de grandes canines : Mathis contre Nil et Nascimo contre Elian, la moyenne d’âge a tout juste le droit de faire du scooter avec roulettes… Bouclé ! Mais les juges semblent indécis, le départage ne semble pas évident… les résultats seront divulgués plus tard…
DJ JuWesh « Pour cette première journée sur le Leucate Freestyle Contest, du gros level dans l’eau, vivement demain pour plus de lourd encore ! On a fait comme on a pu sous la pluie… c’était disaster, mais c’était cool quand même ! Gogo, aperooo, au Wesh Center, et burger party »

Les résultats des derniers huitièmes tombent au beau milieu de quelques bières, après des heures de suspens, les juges Philippe Svetos, Alex Svetos et Thibault Fournier ont revisionné les heats mémorisés et recompté des dizaines de fois…. Les calculettes fument encore ! Maître Benoît et DJ JuWesh sont obligés d’intervenir pour les séparer, c’est chaud…. Qui aura le droit de se faire rembarrer par Sam Estève (pro) et Loic Viandier (sponsor pro) le lendemain ??
Ambiance dans les têtes, un peu frisquet sur les tables… la tram’ courant sur le Canigou enneigé continue de sévir ! Et les riders sont sérieux, à peine quelques bières et le burger englouti, quelques discussions autour des moves osés et un peu de skate pour les gamins non rassasiés, l’appel au repos et à la concentration sont forts… Quelques expérimentés ont bien tenté de venir dévergonder la bande pour la nuit, mais le gros de la troupe est déjà chez Morphée…

Au petit matin, Mélanie sort de son cams : « On vient de se lever, il fait 8 degrés, on va attaquer la 2ème journée, y a de l’air, c’est établi, en plus on a même le soleil, ça va être chouette, on va se gaver ! »
Finalement c’est Nascimo qui a choppé le ticket pour jouer avec Sam. Lui revient tout juste de quelques rollers marocains, et aurait passé la nuit en folie… Quant à la nuit de Loïc, Mathis est encore plus confiant. Les deux mômes ont prié toute la nuit (Jonathan leur a montré comment faire avec les petits chats…) pour que ça lance tôt, avant le réveil des experts ! A 8 heures, ils sont déjà en train de chauffer Maître Ben pour aller sur l’eau ! « Ohé l’heure c’est l’heure monsieur, on va pas les attendre jusqu’à midi non plus…« … Mais intransigeants, Benoit et JuWesh ne se laissent pas berner par les caprices des deux gamins, et restent concentrés sur une tram’ encore un peu molle : « On va attendre que le soleil se lève les gosses, et que la vanne soit grande ouverte« . Le froid mordant la plage, les cagoules sont de sorties : dans les premiers quarts Lukas, l’allemand de Karpathos gagne Jordan Ema-Otu, le grand black des îles, et Xavier sort Teddy Fatet, le plus musclé des Sètois. De nouvelles excuses… Maintenant, le clapot serait croisé…, les pieds auraient l’onglée !? Comme si ils croyaient encore au père-noël-eole, en rêvant à un paradis secret…
Les conditions sont dures, ça gèle ! Sous la tente de Surfone Shop, les juges n’ont même pas le chauffage… obligés de s’abriter derrière les fanions du département de l’Aude et de la ville de Leucate. A l’autre bout du parking, le quiver rose de Sam débarque finalement… vite il saute sur la plage comme un kid content d’être heureux, et ses skopus les pieds dans le sable sont logiquement plus beaux que ceux de Nascimo… Dans le dernier quart, Mathis montre à Loïc que lui est bien réveillé, et kono après kono, skopu après burner, il enfonce les clous ! Il retrouvera Sam en demi-finale.
Les demi-finales filles sont lancées, les heats sont serrés, les juges sont scotchés.. Sandra Schill, la soeur de Lukas pose cette fois proprement ses moves, switch-kono, spock 54 et emporte la finale devant Salomé (14 ans), la soeur de Nascimo. Anaïs prend la 3ème place face à Julia, dans un duel d’airjibe bien glissés ! Le clinic coaching de la veille par Mélanie a payé !

Du côté des hormones masculines, Lukas monte encore d’un cran, puissants shakas, air-flakas into flaka into flaka, kono planing, rendent le switch chachoo de Xavier insuffisant. Mathis envoie encore du lourd, burnerOH, kono, skopu, culo mais Sam répond tranquillement avec plus ou moins les mêmes figures… en un peu plus haut ! En finale perdante Xavier s’incline devant la fougue de Mathis, et en finale gagnante Lukas, malgré un flaka-shaka notée meilleure figure du jour (7.2++), se plie devant la maîtrise du pro local. Sam emporte sur son terrain de jeu le @Leucate Freestyle Contest 2018 !
Les juniors sont invités pour un best trick contest… En fait, ils n’avaient pas trop attendu qu’on les y invite non plus, depuis le matin ça tournait sérieux à côté des bouées, à qui était le plus près de la caméra… Nil pose finalement le meilleur move : un skopu bien lêché dans une tram’ pourtant fuyante.

Sur les podiums, près de 1500€ de prize-money distribués en lots grâce aux shops locaux WeRide, Windsurf-Attitude, Huracca et Surfone…. et des contrats-packs de sponsoring pour les filles méritantes par Loïc-Sailloft-F2-Enemii-SolaWetsuits-MauiUltraFins.

Mathis « Week end hyper cool, entre potes, grosse session, c’était vraiment trop trop bien, c’est ce qu’on aime dans le windsurf !« 
 Salomé : « Ça fait plaisir de naviguer avec les copines, d’en rencontrer des nouvelles, un super contest à la cool, et en plus le coaching avec Mélanie, on progresse ! En 2019, les Hexagirls vont envoyer encore plus fort !!! » 
et Sam : « C’est un plaisir de refaire une compétition à la maison sur mon homespot, de voir autant de jeunes motivés à rider alors qu’il faisait 8 degrés. Le niveau ne cesse d’augmenter chaque année, ça fait chaud au coeur. Le freestyle en France est de retour ! L’année 2019 s’annonce être une année riche en freestyle avec des nouveaux événements incroyables.« 

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