En début d’année dernière, le nouveau magazine digital WorldOfWindsurf nous demandait des articles afin d’étoffer le contenu de leurs pages web.

On a testé différents trucs, ils ont plus ou moins aimé et ont gardé les plus classiques, l’esprit So Rad leur faisant un peu peur quant au nombre de vues qu’ils gagneraient avec nos articles.

Comme nous on s’en branle complètement de péter les records de nos statistiques, on vous balance ce bout de papier numérique, et ce dans les deux langues s’il vous plait…

A vous de nous dire si ces lignes méritaient d’être posées dans un mag international, ou si ledit mag ne mérite tout simplement pas notre prose délicate et tellement sensible (humblement dit n’est il pas ?)

Il y a maintenant deux semaines, nous étions en ballade dans le sud de la France pour le championnat de France Vague 2015. Chargé d’animer la page facebook de l’event pendant deux jours, les assidus ont pu remarquer que quelques têtes sortaient du lot.

Parmi eux, le jeune normand devenu tout récemment majeur, Alexandre Grand Guillot. En fouillant dans nos archives, on a retrouvé un texte qui passait bien avec sa récente prestation. Alors on vous emmène avec lui, en pleine session, en anglais puis en français, vous nous direz…

alex Grand guillot siouville

Meeting Alex on the beach, you would think of him as one of those shy kids, that likes to spend their after school time in some room with one or two friends, talking nerds shit when it’s not about girls that they would like to kiss behind a high school wall.

Well Alex Grand Guillot ain’t nothing of that, even thought he is kind of shy when you first meet him.

He is looking at the sea, counting the sets filling up the bay. 2 meters breaking and 20/22 knots portack. His 4.2 and 69 Quad is ready, waiting for him on the beach.

He puts on his wetsuit 5.5.mm Water is cold this time of the year. But the 16 year old kid is used to it. He knows the North Sea since he is 10.

Beachstarts, foots in the straps, nice attitude while accelerating and going downwind to go through the white water. A solid ramp ahead of him. Alex hits it hard, reaches the sky, and goes for a huge stalled forward, a couple of meters over the sea.

Jibing on a wave, flipping the sail and staying up on the wave, waiting for it to build up and to offer a proper section.

Right now, watchin Alex from the beach, you can’t help yourself thinking that the kid is good. And already quite mature, on his wave selection and on the way he chooses to rides it.

NOW !!! The board points straight at the bottom of the wave. Leaning his sail forward, the whole edge of his board carving the curl. Bottom turn full speed, bending his legs, and looking at the lip. A lip getting more than ready to be smashed by his quad. He hits it, get some air over the section and lands his aerial on the flat. Right before the break. A couple of more solid turns on this poor wave, that wasn’t asking that much from the kid.

The session goes on, jumps, backies, pushies, waverides with a smooth, yet agressive, style…

Alex is not ina freesession mode. He is training. There is not one wave that he would take just to take a wave. It has to be a « delivering » one.

After a couple of runs working on the basics, he starts trying some new moves. He will be working on it for over 30 minutes. Trying it all over again and again. « No Pain No Gain » seems to be his training motto.

It’s been three years that he choosed to fully focus on the waveriding, and he already is reaching some good results, such as a nice quarter final during the last stop of the Rip Curl Windsurfing Pro Tour.

He is lucky to be able to live his passion like this and he knows it. For that he wanna keep improving, he wanna win more contest, and the fighting spirit lays within his veines.

When he is not ripping on the water, Alex works on his body. To develop his endurance. He had some contests where he couldn’t go on cause his body was too tired. No more, this won’t happen again, he swore to himself it won’t. As for his mental.

Alex is only 16 but already behaves as a pro rider. No wonder. He is trained by some ex-pros such as Leo Ray, or Yann Sorlut (2014 french waveriding champion) and was coached by one of the most progresive french instructor, Philippe Cachat (Wavesailing – the book). We’ve seen worse role models…

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En croisant Alex sur la plage, on pourrait facilement s’imaginer ce gamin timide, celui qui passe son temps derrière sa console avec deux ou trois potes, à parler dernières geekeries ou de la bombe du lycée dont la bouche fait rêver chacun d’entre eux.

Mais Alex Grand Guillot, bien qu’un peu timide et probablement attiré par quelques bouches aux moues provocantes à la sortie des cours, n’est rien de tout ça.

Le regard perdu dans la mer, il compte les sets qui rentrent dans la baie. Deux mètres réguliers, une bonne période et une vingtaine de nœuds soufflant babord. Les conditions sont réunies. Sa 4.2 et son Quad 69 l’attendent en bas de la digue sur la plage.

Il enfile sa combinaison 5.5.mm, l’eau est froide à cette période de l’année, mais le gamin de seize ans n’y porte guère attention, Il connait la Manche et la mer du Nord depuis l’âge de dix ans.

Beachstart, pieds dans les footstraps, tonique et gainé, ne faisant qu’un avec son gréement tout en franchissant les mousses du bord de plage puis la barre de déferlantes, il accélère alors qu’une belle rampe se dresse devant lui. Alex frappe fort, s’envole dans le ciel, recule sa main arrière et borde. A plusieurs mètres de haut, la rotation s’engage, un gros late forward.

Il jibe sur un train de houle, flippe sa voile et reste en haut d’une vague naissante, attendant qu’elle prenne forme et offre une déferlante digne de ce nom.

A cet instant, regardant Alex depuis la plage, on ne peut s’empêcher de penser que ce gamin est bon. Et aussi plutôt mature pour son âge, dans la façon dont il sélectionne ses vagues et dont il les travaille.

C’EST BON !!! La board s’élance vers le bas de la vague. la voile penchée en avant, bordée, tout son corps charge l’assaut, l’entière longueur de la carre plantée dans le cœur de la vague. Bottom turn au taquet, jambes fléchies, buste en avant, engagé dans la trajectoire, le regard vers la lèvre qui s’affole, frémissante de désir et d’envie, lèvre toute prête à se faire pulvériser par les quatre dérives de son quad. Il tape, décolle au dessus de la section s’effondrant dans un fracas d’eau et d’air mélangés et retombe sur le plat devant la déferlante. Quelques turns bien senti de plus sur cette pauvre vague qui n’en demandais pas tant et Alex jibe, repartant vers le large.

La session continue, jumps, backloops, pushloops et surfs avec son style souple et fluide bien qu’agressif.

Alex n’est pas en mode freesession, il s’entraine. Il n’y a pas une seule vague qu’il ne prendrait si elle n’en vaut pas la peine. Il faut que l’essai se transforme sur chacun de ses surfs. Ne pas gâcher d’énergie à surfer une vague qui ne scorerait pas en contest.

Après quelques instants à bosser les « bases », Alex innove et se lâche sur de nouveaux tricks et pendant une trentaine de minutes il se jette sans relâche, encore et encore, ne comptant plus les crashs, « No Pain No Gain » comme il aime à le dire.

Ça fait trois ans maintenant qu’Alex se concentre exclusivement sur son waveriding après avoir participé aux compètes de slalom jeune, et déjà on peut le voir atteindre de bons quarts de finales sur des events comme le Rip Curl Windsurfing Pro Tour.

Il a de la chance de pouvoir vivre sa passion de la sorte et il en est conscient. C’est pour ça qu’il s’entraine, qu’il veut devenir meilleur, qu’il veut gagner plus de contest que l’esprit de battant brûle dans ses veines.

Quand il ne sévit pas sur l’eau, Alex continue de s’entrainer, il veut devenir plus endurant. Il lui est déjà arriver de se retrouver exténué à un certain point de la compétition, l’empêchant d’aller plus loin dans le tableau. Et ça, il jure qu’on ne l’y reprendra pas. Plus jamais.

Alex n’a que 16 ans mais a déjà les mimiques d’un pro-rider. Normal, il s’est vu coacher par d’ancien pro comme Leo Ray ou encore Philippe Cachat (Wavesailing, the book) et s’entraine régulièrement avec Yann Sorlut (champion de France 2014). On connaît pire modèle …

alex grand guillot backloop un pied

Histoire développée par nos soins pour WorldOfWindsurf.com, suite à notre itw avec Alex faite dans l’hiver 2014/2015

Une réaction au sujet de « LES INVENDUS SO RAD – Alex Grand Guillot »

  1. Très bon cet article !
    La manière dont tu décris la session du point de vue de l’observateur averti, sur la plage est remarquable.

    Mais Alex à 18 ans maintenant. On a envie de savoir ou il en est après un descriptif si prometteur de son talent à 16 ans !

    y a un truc à faire avec tous ces jeunes waveriders français ! J’ai l’impression que la génération des 15 20 ans est pleine à craquer de futur champions…

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