S O R A D E N B A L A D E – X – O U T D O O R M I X F E S T I V A L 0 1 6

Il nous faudra encore quelques jours pour nous en remettre, mais je ne vous oublie pas. Aussi, prenez les lignes qui suivent comme l’apéro d’avant plat principal et dessert à venir. Mais si l’on devait résumer notre balade Haute-Alpine, on répondrait juste que nous serons de retour l’année prochaine, et que nous ne louperions cet event pour rien au monde. Merci l’OutdoorMix !!!

PS : Par souci de rendre le suivi de cet event, entre deux tournages des prochaines « #PIÈCESDEVIES », plus lisible, établissons une nouvelle Rad Line.

Cordialement votre…

Colin

JetSetFucker

co-pirate – So Rad Le Mag / Colin

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Vendredi 13 Mai 2016

18h00 – Le vrombissement du moteur se tait dans un tremblement et le cliquetis des clés coupant le contact de ma Volvo signe la fin de quatre longues heures de route.

En trois mots – IN DA PLACE !!!

20h14 – début de la longue marche (et oui je suis lent, je prend le temps de profiter de chaque petits gravillons sous mes pieds, ma fidèle canne accompagnant le mouvement de mon poignet), vers l’entrée du festival.

20h31 – (nda – un petit dialogue s’impose, toujours dans un souci de rendre le suivi de cet event plus … bref vous me suivez)

Arrivant face aux agents de sécurité – personnel absolument indissociable de tout festival qui se respecte – tendant mon bracelet et mon ticket d’entrée.

- Bonjour – Grand sourire !

- Ah monsieur ca ne va pas être possible – Sèchement.

- Comment ca ? Je suis journaliste sur l’événement… – Sourire forcé…

- Non vous ne pouvez pas rentrer avec ça - Pointant ma canne du doigt.

- Hahaha mais vous savez ce n’est pas une arme hein, c’est juste ma canne et j’en ai besoin pour me déplacer, me soutenir, bref c’est une canne quoi… – sourire agacé…

- Non monsieur ce n’est pas une canne c’est un bout de bois ! – Gonflant les pectoraux, s’emparant de ma canne, souhaitant visiblement me prouver de la dangerosité de mon bâton et entamant des mouvements ninja-esque digne de Bruce Lee !

- Canne, bout de bois… Moi même je l’appelle « bâton », où est la différence ? Reprenant mon bien + sourire sarcastique…

- Monsieur si vous commencez à jouer avec les mots on ne va pas s’en sortir – comprenant que je ne lâcherais pas l’affaire !

S’ensuit une longue et périlleuse discussion qui demandera l’intervention de l’organisateur en personne pour me laisser rentrer… Énorme merci à Alex pour le mot de la fin et à Marianne pour m’avoir sorti du pétrin en plus de sa délicieuse « effectivement cette canne n’est pas des plus conventionnelles nous le comprenons bien ». De la répartie toute en finesse comme on voudrait en entendre tous les matins au petit déjeuner. Et moi de repartir, sourire victorieux, fanfaronnant finement en passant devant les vigiles, blessés dans leur estime profonde, après avoir chatouillé la mienne.

21h02 – Me voilà donc enfin dans l’enceinte officielle du festival – Semiah pour accueillir mes oreilles. Douce mélodie « dub », le MC est bon, le public n’est pas encore trop présent mais le devant de la scène ne tarde à se trémousser puis à rassembler quelques personnes du bar, c’est une mission accomplie avec une certaine classe et un sourire non dissimulé pour les locaux de cette première soirée.

22h27 – Au tour des bien dynamiques OnDubGround – des grosses basslines laissent présager du très très lourd pour le reste. On ne se trompera pas.

23h53 – Vadim, le DJ Vadim est en place, chauffe son audience à blanc, laisse glisser ses lignes vers une puissante « drum’n bass » avant d’accueillir pour un public déchainé, Big Red, qui ne se privera pas pour profiter de cette foule en transe servie sur un plateau – ma canne tremble.

Samedi 14 Mai 2016

01h14 – Enchainement de claques sonores et visuelles, mes synapses n’en peuvent plus d’orgasmes sensoriels – j’ai l’impression de planer au dessus de la foule, chevauchant mon bâton tel un balai de sorcier – Un type me dévisage et me lâche « putain mec, tu ressemble au Big Lebowsky !!! The Dude !!! » puis repart, porté par la musique électronique d’entracte.

Une troupe tchèque virevolte dans les flammes d’un spectacle pour le moins époustouflant en guise d’entremets (avec dans leur mise en scène un gardien de la sécurité justement, délicieusement grimé en clown, grinçant et égocentrique au possible) – non stop uppin’ the vibe !

01h54 – Le coup de grâce – L’Entourloop !!!

Ces derniers portent décidément vraiment bien leur nom. Piochant dans la culture hip hop, dans celle reggae, avant d’un seul coup te transporter dans l’univers pétillant et coloré des Chineses Man, pour en trois notes de trompette nous téléporter dans le monde psychédélique et cuivré du Peuple de l’Herbe des années 2000 – celui de l’époque PuppetMastaz, si vous vous souvenez du gang des marionnettes vulgaires les accompagnant – et toutes ces sonorités de s’unir, de s’accoupler et de s’allier pour le plus grand plaisir de tous ceux présents ce premier soir.

03h03 – Est ce possible d’avoir eu tellement de bon son qu’on puisse en avoir des fissures dans les joues ? C’est la dose de bonheur qui m’a été injectée en une soirée, j’en aurais des crampes aux zygomatiques des jours durant… Merci.

10h18 – Réveil avec le sourire, le temps a l’air relativement beau – petit vent, quelques nuages, température confortable – notre photographe So Rad, Steph’, ne devrait pas tarder à débarquer. La journée se déroule simplement, prenant des images pour les prochaines #PIÈCESDEVIES, rendez vous est pris à l’apéro avec Luc, kayakiste extrême de son état, pour notre série de clips décalés. Le village est sympa, les gens ont toujours le sourire, se saluent. Les chiens sont aux anges, jouent ensemble, tout le monde semble content. Les slacklines sont tendues de partout. Longues, souples, rebondissant et claquant sous les assauts des jumpliners ou tremblantes et frémissantes dans la concentration de ceux tentant de traverser le plan d’eau sans se mouiller – l’eau du lac est encore fraiche à cette saison.

HighLine OutdoorMix

co-pirate – Steph’ O. / So Rad Le Mag

17h57 – Steph’ arrive enfin. On se met au point sur le programme, l’apéro peut commencer, après tout il s’agit bien d’un festival de musique et Luc doit m’y rejoindre d’ici une grosse demi heure pour discuter du clip.

19h04 – Luc ne viendra pas ce soir. Il nous reste deux jours, tranquille. Au loin, on entend le son des artistes de ce soir en pleine balance avec la régie son.

20h39 – Les basses sourdes commencent à résonner au loin, la soirée s’annonce plus violente musicalement que celle d’hier – l’apéro suit son cours, les nouveaux venus se présentent, les groupes de potes se retrouvent, se mélangent, tout va toujours bien dans le meilleur des mondes.

22h12 – « Bonne soirée et j’espère que vous en profitez quand même ! » Les vigiles viennent de me fouiller toutes les poches avant de me laisser rentrer dans l’enceinte du festival. Mon sourire est vrai, ils s’en rendent compte et me lâchent un « bonne soirée à vous aussi… » – ils ne sont pas si méchants que ça après tout.

Sur scène, I Phaze. Que dire d’eux, sinon que je n’aime pas ce genre de « néo électro/dubstep/métal de bourrin » sans trop de construction – décousu oserai-je même – mais c’est un truc de jeune de maintenant, et moi…

… Je dois commencer à devenir un vieux alors… Merde !

23h43 – Toujours posé au pied de mon arbre, face aux artistes et en limite de public, c’est au tour des deux renards masqués de ThaTrickaz de mettre le feu sur un set qui durera une heure non stop. Enfin une seule chanson, mais qui complète à elle seule le set. Si l’incroyable énergie qu’ils auront dégagée durant cette heure fût remarquable, je ne peux m’empêcher d’y avoir trouvé une pointe de déception dans mon plaisir de les entendre. Trop de « trap », de basse, un peu comme si ils ne jouaient qu’à 58% de leurs capacités. Eux qui savent tellement régaler par leurs virtuosités aux platines en « turntablism », ils se seront un peu trop endormis sur un « boum-boum » répétitif pour ne pas lasser ceux qui, comme moi, étaient aussi là pour apprécier la saveur d’une musique de qualité.

Dimanche 15 Mai 2016

01h17 – Une petite brune vraiment jolie, arbore un énorme sourire en montant sur scène. Elle s’installe derrière ses platines, agite sa main en l’air en direction du public qui lui rend son salut dans une huée de sifflements, d’applaudissements, de cris et d’encouragements. Elle n’en attendait peut être pas tant et se lance immédiatement corps et âme dans son set. Elisa Do Brasil, mes chers amis, si ce style musical bouteur de neurones qu’est la drum’n bass vous plait, vous vous devez alors d’assister à ce show incroyable qu’est celui de la brésilienne. Car plus de deux heures durant, elle ne se sera pas arrêtée une seule seconde. Quelle énergie !!! Plus de dix fois l’on croit qu’elle arrive enfin en fin de set quand en fait non. Il lui en reste encore sous ses vinyles et la belle est généreuse.

03h51 – Bonne nuit

10h38 – M’ébrouant au sortir de la douche – rien ne vaut une journée commencée en se sentant frais – je choppe Nelson Chouffe avec son leash de surf en guise de laisse et part vers le site du kayak freestyle, sous le pont de la Clapette. 20 minutes plus tard j’y suis et 45 minutes plus tard, je retrouvais enfin Luc pour parler de bouts de vie quand l’on est kayakiste. Mais cette histoire viendra plus tard…

La rivière est belle, le niveau d’eau est assez haut aux dires de tous, mais la vague elle même aurait pu être plus grosse. Les riders s’envoient sur cette vague statique, mettent des « front flip » en rebondissant sur l’eau argentée de la Durance, c’est calme, c’est beau, le bruit de la rivière couvre celui du DJ mixant juste à côté. La musique est omniprésente, c’est bien mais je suis content de passer une bonne partie de la journée trop près du torrent pour pouvoir entendre les lignes de basses continues.

16h34 – Je n’ai plus de batterie sur mon appareil photo et doit retrouver ce soir pour les balances avec la régie son, les Jet Set Fucker – ceux qui nous suivent se souviendront de leur passage au Cash For Trick 015 – crew local de 4 MC plus un beatmaker venant de gagner un tremplin musical, leur permettant ainsi d’ouvrir la soirée finale de l’OutdoorMix Festival, avec, entre autre, Le Peuple De L’Herbe !!! On veut bien de moi dans les « backstages », j’ai récupéré le bon pass, c’est génial.

17h12 – Me voilà invité à l’apéro des V.I.P., c’est bien la première fois que cela m’arrive !!! So Rad chez les Very Important People, c’est juste classe. De belles rencontres, notamment celle du rédac’ chef du magazine Get Up, Franck Debaecker, qui me félicitera sur le dernier Humor Me Bitch, celui sur l’Indoor De France. Il m’a donc lu ! Je suis sur un petit nuage, la soirée commence on ne peut mieux. L’appareil photo charge.

co-pirate - So Rad Le Mag

co-pirate – Colin / So Rad Le Mag

18h30 – En place derrière la scène, dans la loge des artistes. Les Basta Paï Paï viennent de finir les balances, au tour des JetSet Fucker maintenant. Mon appareil chauffe, ça sent très bon pour ce soir, il y a déjà du monde à s’approcher de l’entrée alors qu’il reste encore une heure avant que ça n’ouvre. Je retrouverai CrashPad, Al Zeimer, Bifidus, Epsylo et Le Chat quelques minutes avant de monter sur scène, puis après le concert pour un autre bout de Pièces De Vies.

19h54 – Il n’en manque qu’un à l’appel. Ils doivent monter sur scène dans quelques minutes mais Bifidus n’est pas encore revenu. La tension monte, la pression est à son comble, c’est leur toute première grosse scène ensemble. Jul’ arrive enfin. Un dernier « freestyle » dans les loges et Gwen, le beatmaker, de monter sur scène en lançant une première intro musicale. Les quatre MC’s montent sur l’estrade et réalisent alors le nombre de personnes, en dehors de l’enceinte, à faire la queue pour pouvoir entrer. Ni une ni deux, les voilà à haranguer cette foule. L’effet est immédiat – coup de génie de leur part, les seuls à l’avoir osé – et d’un coup le devant de la scène se remplit, s’agite, danse et encourage les JetSet à se lâcher encore plus. Les mecs se régalent, ça se voit, l’émotion est palpable. Les sourires fusent de toutes parts. Le mien est à nouveau immense. Quel pur moment. Merci, encore.

21h46 – La loge transpire de joie, les gars sont simplement heureux et émus d’avoir si bien réussi leur coup. Le public parlera longtemps de cette première partie du Peuple de L’Herbe lors de l’OutdoorMix. Dehors, le concert suit son cours, mais nous devons encore enregistrer la « conversation » qui tiendra lieu de fil rouge pour le projet vidéo So Rad. C’est donc dans des toilettes handicapés – fermées hermétiquement – que nous nous retrouverons tous les six pour bavarder. Au moment de sortir, un jeune couple essaye de passer discrètement par dessus la palissade, espérant ainsi n’éveiller aucun soupçon et s’offrir une soirée gratuite. Pas de bol, l’hôtesse d’accueil des artistes les prend en plein flagrant délit et les raccompagne à la sortie… Dure la vie de festivalier fauché.

La suite, j’ai perdu le fil du temps, c’était juste vraiment excellent, Le Peuple De L’Herbe aura été un vrai moment de pure musique, alternant dans tous les styles possible, plus de 15 ans de carrière, reprenant leurs vieux albums autant que ceux plus récents.

Le lendemain se dédiait à la prise de quelques images de mountain bike et de longskate, puis, vint le long et pénible retour vers mes montagnes, triste de partir, mais tellement plus heureux encore, d’avoir pu témoigner d’un tel moment de partage et de bonheur.

Alors une dernière fois, Merci

Colin

co-pirate - Steph O.

co-pirate – Steph O. / So Rad Le Mag

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