Quand So Rad annonçait début mai qu’on allait se balader au Mondial Du Vent, ce n’était en fait qu’un faible prétexte pour aller voir ce qui se passe à côté et rencontrer du monde.

Dans le Sud et plus particulièrement à Leucate, une des figures locales, c’est le très fameux Julien Taboulet AKA Wesh.

So Rad vous fait découvrir ou redécouvrir l’animal sous un nouvel angle, allant fouiller dans ses souvenirs les plus enfouis pour vous sortir les instants « raaad » d’un des riders français les plus influents du milieu.

Chapitre II : Le Wesh se  découvre :

Ce deuxième jour, je retrouve à nouveau Julien au Wesh Center Crew. Accoudé au comptoir, en grande discussion avec un de ses moniteurs, il doit arranger deux/trois détails pour les jours à venir où il sera absent. Et pour cause, Wesh est le chef juge du WindMeet, l’épreuve de windsurf freestyle du Mondial du Vent.

Présents aussi sur la terrasse du club, « papa et maman » Taboulet ainsi qu’Eric Carrière AKA Casimir. Echangeant deux trois mots avec eux, c’est quand Casi réalise que je prépare la Wesh Side Story qu’il s’enflamme.

« Tu veux des histoires sur le Wesh ??? Hahaha bah je vais t’en donner moi, c’est pas comme si il était sage l’animal!!!

Il branlait rien à l’école alors son père me l’a confié pour une étape de la coupe du monde à l’Almanarre. Ce que je ne savais pas c’est que la remorque qui allait avec l’enfant faisait la taille d’une maison !!! » Vous l’aurez compris dès lors, le fameux Casimir n’exagère jamais.

Mimo, chef cuisinier du W.C.C. était de la partie lors de cette étape. « Ah mais ils étaient tous aussi débiles les uns que les autres hé, ils avaient confondu mon tapis à prière avec un paillasson !!! » Momar étant incroyablement cool, il leur a depuis longtemps pardonnés.

Julien; « Ahahaha oui j’avais oublié ça, aussi à cette époque, on allait au championnat de France à Gruissan, mon tout premier. Casimir et Catman (Sébastien Cattelan) m’avait emmené dans un vieux Toyota Hiace. On essayait de battre le record du meilleur temps entre le site de la compète et là où on logeait. Yavait une mini route le long de la plage, avec un pont, on a fait décoller les 4 pneus plus d’une fois. C’était n’importe quoi. On faisait ça avec Pierre Godet, Xavier Huart et Laurent Borgnat qui étaient à la section sportive militaire de Gruissan pour leurs services à l’époque. 160 km/h de moyenne, c’était chaud !!! Comme en plus j’étais le plus jeune, du coup forcément c’est moi qui prenait le plus cher. »

Casi de surenchérir; « Il avait les cheveux super longs, on voulait absolument lui couper. Pierre l’avait attrapé mais il s’est débattu et c’est Antoine qui l’a presque assommé pour qu’on puisse le tondre !!! »

C’est aussi à cette époque que Wesh aura le plus vite progressé en windsurf. « Avec Cattelan, on voulait passer des doubles fronts avant même de vraiment savoir faire le simple. J’ai mis mon premier front à 14 ans mais j’ai toujours fais du skate et du snowboard quand j’étais minot… j’avais donc pas peur. Ils étaient tous sur la plage à gueuler – VAZY VAZY AU TAAAQUUUUEEEEET !!! – du coup je me suis jeté comme un furieux, sauf qu’à la réception, j’ai fini les dents dans le genou. 

hahaha oui, Casi rebondit sur ce passage, et le premier truc que t’as fais ça a été de les ramasser et de les remettre en place direct !!! avec les bagues aux dents et tout… il disait qu’il s’était luxé les dents, un nouveau terme à la Wesh!!! 

-En arrivant au Championnat de France à Gruissan, c’était toujours mon premier en plus, Christo Tasti a rigolé en voyant la résine couleur chair qui me tenait les chicots – Il est marrant le jeune, il a pas de dents !!!! – il m’avait fait trop rire. »

A cette époque, le jeune Wesh trainait beaucoup avec Seb Cattellan qui n’avait pas encore découvert le kitesurf. Antoine Albeau et Casimir les emmenaient un peu partout et ils n’avait jamais le bon matos « Ils avaient un peu cru que mon camion était un self-service. Jamais le bon mat ou le bon wish. Du coup ils nous piquaient tout et on se retrouvait à chercher nos mats alors qu’ils étaient sur l’eau dans la tempête à s’envoyer dans des fronts suicides à 15m de haut. »

En 96 à St Malo – championnat de France, Wesh a 17 ans et était parti avec Catman et Laetitia Bernard… « Ils étaient trop fatigués, pour conduire, alors arrivés juste après Montauban, j’ai pris le volant et ils se sont endormis. C’était avec une vieille Fiat et encore l’énorme remorque derrière… L’essieu a lâché après 5 minutes de route et j’ai vu la remorque me dépasser en marche arrière sur l’autoroute. Aussitôt arrêté sur la bande d’arrêt d’urgence pour voir ce qui déconnait, on a vu la remorque vide et tout le matos étalé sur la route, projeté par la force centrifuge quand elle est partie en tête à queue… En pleine nuit bien sûr, on a couru sauver ce qu’on pouvait en jetant tout sur le bas coté avant que les poids lourds ne passent et ne fassent voler les ailerons, les mats, les voiles en éclats sous leurs roues!!! Ça aurait pu être dramatique mais maintenant on en rigole. »

« Mes parents venaient avec moi au début pour les premières compètes aux Canaries. On avait une belle résidence avec piscine mais on a tellement foutu le bordel, qu’on s’est fait virer. Ma mère râlait contre le mec dans son anglais super approximatif – We are family normale hein, we are not manants !!!! – Mythique. Plus tard avec Antoine, à chaque fois qu’on y allait, c’était minimum 3 voitures de loc’ qui y passaient. Notre programme c’était bringue, compète, cassage de voiture, bringue, compète … Et le challenge chaque soir c’était d’aller dormir chez l’habitante…« 

Beaucoup de bêtises donc, mais aussi un véritable apprentissage pour le jeune Wesh qui, entouré par des riders plus vieux et plus expérimentés que lui, s’ils l’ont entrainé à faire la fête, lui auront aussi appris ce que windsurf professionnel veut dire. « Avec Huart, Albeau, Casi, le burrrnnnnnsszzzzz  (ndlr: Bruno André, cf rcwpt – Île Aux Vaches) on faisait taquet de muscu, de prépa physique, on passait bien sur énormément de temps sur l’eau et j’apprenais tout le temps. De vrais coachs !!! »

Pour certains, cette attitude peut paraître un tantinet irresponsable mais quand on connait les futurs résultats du garçon, on se dit que ce n’était peut être qu’une méthode d’apprentissage comme une autre.

Et son premier gros trip, celui qui donnera un sens à sa vie de jeune windsurfeur rêveur, c’est bien sur le, très cliché mais tellement vrai, trip initiatique vers Hawaï en 98. Julien Taboulet F-100 avait alors 18 ans.

« Ok j’étais un peu dég’ que les hôtesses de l’air ne soient pas hawaïenne, mais tout le reste c’était dingue!!!! Je dormais dans une caisse devant chez Robert Teriitehau, je restais sage parce qu’à 18 ans tu peux pas sortir la bas!!! Du coup tu ride, t’apprends à lire les vagues et ce que le vrai waveriding est!!! Quand je voulais partir avec ma voile de 5.8m2 on m’a vite fait comprendre que 4.7m2 c’est le max là-bas… Et quand tu vois la vague se former, tu te dis aussi que t’as le temps de te placer alors qu’en fait non… tellement plus vif et rapide, puissant!!! Que du bonheur!!! »

Et c’est ainsi que le Wesh est tombé amoureux de Maui !!!

La suite bientôt… Il n’en est dans ce chapitre, qu’à ses 18 ans !!!!

chapitre 1

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