Vous étiez prévenus. Hier. Dans nos lignes. On vous avait mis en garde qu’il allait falloir lire. Que ce n’était que la première partie de ce reportage.

Après ça, c’en sera temporairement fini des gros pavés, de la crémation de vos neurones pour tenter de saisir le sens de nos inepties.

Mais dites-vous bien que c’est pour la bonne cause. En lisant ces lignes vous participerez à l’évolution positive de « l’homo freedomus rideus ». Alors avec nous, avec eux, prônons tous ensemble le prêche d’un ride meilleur, la glisse peut être, peut encore sauver la planète… (ça pue la chronique une phrase pareille)

Et l’Ultimate Test Tour fait partie de ces événements qui participent à l’avènement de la glisse émancipée dont nous rêvons, en ce milieu vérolé et G.P.S.-isé. Là où chacun a tendance à vouloir rester dans son coin, à regarder l’autre par dessus l’épaule, à être dégouté de voir que sa veste « unique » (mais produite à 100 000 exemplaires) est portée par un « blaireau ».

Nan l’UTT, est porté par des acteurs assoiffés de good vibes, de partage, d’émotions et de belles choses.

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co-pirate : Venice Powder Surf

C’est dans cet état d’esprit, déjà conforté par la rencontre avec Dodo de Plum’ Splitboard la veille, que nous avons croisé Loïc Le Bouffant et ses sublimes decks siglées Venice Powder Boards.

« Je n’aime pas trop les interviews et les micros » annonce Loïc dans un premier temps, mais 20 minutes plus tard, la passion du ride éclairant le fond de ses pupilles, nous étions toujours en train de discuter. Il nous parle de son métier, de ses boards, de la glisse… Et si le nom, Venice Powder Boards, vous fait vaguement penser aux Lords of Dogtown et au quartier californien d’où l’âme du skateboard est née, ce n’est pas un hasard…

« Je veux faire des planches qui sont belles. Qui donnent autant envie de rider que d’en avoir une dans son salon. Ce n’est pas une board que tu veux laisser dans ton garage quoi. Une board dont tu vas rêver toute la nuit. Pour moi c’est très important en tout cas.

On est basé en Haute Savoie, à 5 minutes de Genève et de la frontière suisse. On produit dans un garage de 28 m2 pour l’instant mais on a bien l’intention d’en sortir.

On s’efforce nous aussi de travailler localement, et on y arrive. Hormis certaines essences de bois, pour des placages où l’on veut donner une petite touche exotique.

Pour les noyaux, on travaille beaucoup avec du frêne, et de l’épicéa. C’est un bon mix, très complémentaire. Pour le placage, pour la déco donc, on va travailler avec du frêne pour rester local mais aussi de l’ébène, du bamboo. On propose quelques noyaux en bamboo mais ca c’est plus sur demande.

Je vais chercher les placages à 5 minutes du garage, en suisse, les gabarits sont usinés aussi à 3 minutes d’ici…

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co-pirate : Venice Powder Surf

Pour le semi custom, l’idée est d’avoir un bon park test, que les gens puissent tester un max de produits avant de se choisir leur modèle décliné de tel ou telle base. Et puis bien sûr, on fait aussi du pur sur-mesure, ce qui est la base même et l’esprit originel d’un atelier artisanal. Pouvoir répondre aux attentes de chacun.

C’est comme ça que j’en suis venu à fabriquer d’ailleurs. J’avais une idée précise de la board que je voulais dans ma tête, et soit j’allais voir un artisan pour me la faire shaper, soit je me la faisais moi.

Je trouvais plus intéressant de mettre la main à la pâte donc j’ai choisi la deuxième option. C’était en juillet 2010, mais avant il a fallut prendre pas mal de renseignements à droite à gauche. C’est un bon six mois de réflexion…

Bon bien sûr ça n’a pas tout de suite été une grande réussite mais j’étais déjà bien content, plus la satisfaction de rider une board que tu as fait toi. Du coup c’est aussi assez difficile d’être objectif sur tes propres produits. C’est pour ça que j’aime bien faire les tests comme aujourd’hui et rencontrer les gens qui vont te dire ce qu’ils pensent de tes boards tu vois.

Partage, échange, sont vraiment les maitres mots de notre artisanat, surtout pour nous les petits du milieu. C’est clair que les gros industriels ont moins envie de partager, ils ont peut être des trucs secrets. Mais nous, on a tout intérêt à partager et à mutualiser nos moyens pour faire quelque chose de sympa ensemble. D’ailleurs je travaille avec Plum’ pour les Split parce qu’ils sont à 35 minutes de chez moi et qu’il faut promouvoir l’artisanat local.

Tout comme les vernis que je ne peux pas faire dans mon garage, je les fais faire par un artisan, juste a côté de chez moi, qui est Meilleur Ouvrier de France en aérographe. C’est aussi ça qui est sympa et encore une fois on est dans une démarche basée sur l’échange.

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co-pirate : Venice Powder Surf

J’étais très branché Swallow (ces gros snowboards avec une queue de pie en guise de tail) mais il faut savoir s’ouvrir à d’autres horizons, et à ce que d’autres peuvent avoir envie aussi. C’est ça qui fait la force d’un atelier artisanal pour moi, c’est d’être capable de s’adapter et de pouvoir proposer la même qualité dans différents domaines. Si tu te bloques dans l’idée que ce que tu fais pour toi marche pour tout le monde, c’est se fermer à d’autres visions de la chose. Donc voilà on décline du Swallow 184 à de la Twin Tip 158.

Moi qui était plutôt swallow je suis un peu revenu sur du twin tip parce que Laurent qui dessine les boards avec moi, et qui passe pas mal de temps dans le garage, m’a conforté dans l’idée qu’il fallait que j’essaye d’autres choses. Il faut être ouvert. Et lui qui était twin tip, s’est aussi mis au swallow depuis.

D’ailleurs, il m’a dessiné mon swallow et je lui ai dessiné son twin tip 😉

Si tout le monde connaît le twin tip et prend cette option sans hésiter, c’est beaucoup plus dur de convaincre quelqu’un de monter sur un swallow. Les gens se disent souvent que c’est beaucoup trop grand pour eux, ce qui n’est pas vrai. Un swallow, c’est une grande planche qui a de longues spatules et un long déroulé, mais la longueur de carre effective n’est pas beaucoup plus longue qu’une board classique. Et une fois que tu réussis à motiver quelqu’un à monter dessus, la personnes n’est que très rarement déçue. C’est une sensation différente mais qui marche vraiment bien.

Il n’y a pas de rider défini pour un swallow ou un twin tip, c’est juste une question d’ouverture d’esprit de bien vouloir franchir le pas vers telle ou telle autre facette du sport.

Et on en revient encore à la même chose, c’est ce fameux partage, cette soif de découvrir d’autres choses et d’en faire profiter les autres.

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dessin by Anne C./Bold and Defined

Partage, échange, c’est la base de notre industrie. Et sans critiquer les gros industriels qui ont plus de moyens que nous pour la recherche et le développement donc qui font du bien dans ce sens, notre force à nous les petits artisans c’est cette convivialité, ce partage et cet échange permanent qui nous font avancer.

Tout le monde peut pousser la porte d’un petit atelier, ça donne envie d’en savoir plus sur nos procédés, de comprendre l’âme d’une board aussi, de vouloir essayer de nouvelles choses tout en restant raisonnable sachant qu’il y a des fois où ce n’est juste pas réalisable. »

Un peu plus loin, c’est Lucas de Phenix Swallow Concept que nous avons croisé. Il nous présente la dernière board, évolution du concept du splitboard. Non plus deux morceaux, mais quatre.

Pas mal de petits détails techniques, qui n’ont pas trop lieu d’être sur So Rad Le Mag, mais on retiendra quand même que les planches plus étroites sous les pieds (les deux parties centrales restant dans le sac à la montée) l’ensemble devient alors plus léger, plus efficace et accroche également mieux dans les dévers.

Si l’esprit du split board d’une marque à l’autre reste le même, basé sur le partage, l’échange, la convivialité et le savoir faire, les expériences et anecdotes en montagnes, elles, sont toujours uniques.

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co-pirate : Phenix Swallow Concept

Lucas y va donc de sa petite histoire que voici.

« Y’a 10 jours, on arrive en haut d’un couloir après une petite rando de deux heures. Le pote plante sa planche dans la neige, un coup de vent et la board part dans le couloir. Elle ride toute seule, bien dans l’axe. Dré dans l’pentu !!!

Coup de bol, il n’y avait personne en bas donc ça n’a pas fini en rondelles de saucisson. Et fort heureusement, la planche a tapé un caillou, fait un salto et s’est plantée. Au moins le pote a pu rider les trois-quarts de la descente et il a pu sauver la journée.

Ah sinon il avait sa réputation pour la saison et plus encore hehehe.

Mais bon c’est un « planchado », il est monté avec sa board dans le dos et pas en split, donc c’est bien fait pour lui hahaha !!!« 

Finissant à peine sa phrase, retenti un « IIIIIHHAAAA !!! »

L’équipe de l’Alterzone revient de la petite mais visiblement parfaite session rando/splitboard, initiée avec leur programme Nomad Split Experience.

Le vent de la nuit a soufflé suffisamment sur les cimes blanchies des micro chutes de la veille, pour envoyer un peu de neige et offrir la douce sensation de flottement que procure un ride sur une neige légère.

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co-pirate : Ultimate Test Tour

F-X jubile. Le sourire vissé jusqu’aux oreilles « Eh bah qui l’aurait cru ?!!? Mais c’était parfait !!! »

L’invité surprise, qui rend cette session, inespérément ensoleillée (surtout au vue des trombes d’eau qui tombaient le matin), mythique, c’est la venue de mister Régis Rolland. Ça fait donc deux fois que nous rencontrons la légende française du snowboard.

Sourire aux lèvres lui aussi, il trouve le moyen de nous glisser une petite anecdote (qui doit dater d’il y a plus de 35 ans) en admirant la montagne d’en face.

« Tu vois cette pente ? C’est mon premier « tout droit » et aussi mon premier virage en snowboard. Je n’arrivais pas à faire tourner le machin à l’époque. Donc je me suis élancé devant les ricains. Traçant droit dans la pente. Et puis arrivé vers le bas, je sais pas, j’ai eu un déclic et j’ai réussi mon premier virage. C’est marrant hein ?! Comme ça, tout seul …« 

Merci Régis, on se reverra bientôt…

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co-pirate : Ultimate Test tour

2 réactions au sujet de « SO RAD EN BALADE – Ultimate Test Tour – II »

  1. Dommage que vous soyez allé à l’UTT et que vous ayez pas parlé des bords swell panik qui éxistent depuis 30 ans (TRENTE). C’est bien les new kids on the loft mia srespect aux pionniers du genre en matière de long snowboard Kustom & wood.
    A part ca continuez ce que vous faites…mais la prochaine fois parlez notamment des Splits Swell, c’est de la (VRAIE) balle

    1. Salut TNT Joe,

      tu n’as pas forcément saisi le sens des articles, on parle plus du spirit de la discipline que des marques en elle même (ce qui n’a pas tant lieu d’être sur notre Webzine) De plus quand je suis passé, je n’ai vu personne côté Swell Panik.
      Mais l’hiver est loin d’être fini, n’hésite pas à nous contacter par mail pour que l’on discute de manière plus approfondie, ce n’est pas vraiment la place dans les commentaires 😉

      Laterzzz,
      Colin

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