Le week-end qui vient de se dérouler a été marqué de rassemblements sans précédent pour afficher le soutien aux victimes des attentats de la semaine dernière. Pour nous c’était aussi un rassemblement, de moindre ambition, afin de célébrer une ode à la liberté. Ode qu’inspire espaces vierges et maculés pour certains, dénivelé positif et couloirs étriqués pour d’autres.

 » Il est urgent de faire un pas de côté et marcher ailleurs.  » Gébé – 1968 

Cette phrase, quelques irréductibles freedomois l’ont bien comprise et en ont fait de longue leur motto. C’est l’état d’esprit qui régnait ce week-end sur L’Ultimate Test Tour, le salon itinérant de la glisse freeride, qui par son concept même reprend ces valeurs précitées.

L’UTT posait donc ses valises à Sainte Foy Tarentaise, petite, mais probablement la plus smooth station de ski de la vallée de la Tarentaise. « Les Braves savent !!! » se plaisait à dire, devant notre caméra, F-X Simian de l’Alterzone Boardshop.

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Comme quelques semaines plus tôt sur le World Snowboard Day, les énervés de la glisse libre, F-X et Nico sont en place, et avec eux le programme Nomad Split Experience.

Aux côtés des boyz, d’autres stands posés sur le front de neige, une box pour taper un ou deux runs de snowskate. Certains, comme notre Titus junior, y passeront la journée complète et y retourneront le lendemain, mais ça vous l’avez déjà vu dans le premier clip, droppé sur l’impitoyable toile du net sitôt le weekend terminé.

Ce que So Rad Le Mag vous propose maintenant, risque de fatiguer un peu vos neurones. Il va falloir lire… Direct après notre chronique Humor Me Bitch eh oui… Mais tout est lié… En plus ce reportage est découpé en deux parties !!! Si on vous met tout d’un coup, ce sera trop indigeste et personne ne lira jamais ce texte. Bandes de fainéants illettrés que vous êtes ! Et ce serait dommage car les histoires qui suivent sont belles.

Et vu qu’il n’y a toujours pas de vraie neige à se coller sous les planchons, ne me dites pas que vous n’avez pas le temps… Les autres ? Levez vous plus tôt.

10866745_10150511172904956_922193808_n 10867007_10150511175199956_2050601421_nLoin des terres battues et retournées par les dameuses de la société de consommation de notre époque bien trop aseptisée, Dodo, de Plum’ Splitboards nous parle un peu de l’histoire de la marque, des concepts et d’un état d’esprit propre à ces néo-pionniers d’un univers que l’on croyait oublié, perdu dans les vestiges de cassettes vidéos et de vieux magazines papiers.

« Plum’ était à la base une entreprise de décolletage, l’atelier concevait des pièces mécaniques qu’on appelait cames, qui allaient donc sur les décolleteuses.*

La crise et le manque de boulot faisant son travail de sape, il a bien fallu se reconvertir. Marc, un des chefs d’atelier, pratiquait le ski de compétition avec des fixations légères. Il a commencé à fabriquer les siennes, mais au début ne confectionnait que les talonnières. N’ayant pas assez de travail à côté, ils se sont lancés dans l’aventure avec une première série de 200 paires, mais ça n’a pas trop marché, avec d’assez mauvais retours.

Loin d’eux l’idée de baisser les bras, ils ont commencé à pousser le truc, développant une fixation complète, avec une butée avant en plus de la talonnière. Tout en restant dans des alliages léger et tout en utilisant leurs compétences d’usinage dans la masse, ce qu’ils connaissaient à la perfection. Eux parlaient d’unités de mesure en centièmes de micron, ils n’avaient que ces mesures ultra précises en tête. Même lors des pauses café, ils en développaient leurs discussions autour. Alors quand les autres marques parlent maintenant en dixième, c’est dire si le sujet était large pour eux. Ils ont donc adapté leurs machines, qui construisaient des cames, pour construire des fixations.

Depuis, la production de fixations a pris le pas sur le reste. L’entreprise s’est développée et est ressortie de la crise. Ils ont pu réinvestir et maintenant plus de 80% du chiffre d’affaire va dans la fixation de skis et encore un petit 20% de production de cames, de pièces de décolletage. L’entreprise a doublé de volume, et il y a un shop et un atelier d’assemblage. Après 10 ans à développer leurs fixations de skis, l’équipe bosse depuis 2 ans sur celles de splitboard.

(ndlr: On nous parlait de cette fixation déjà lors du World Snowboard Day, vantée comme étant un petit bijou de technologie. Et bien c’est peu dire.)

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Tout est fabriqué sur place, avec les machines de l’usine Plum’. Bien sûr, d’autres sous-traitants interviennent. Mais Plum’ s’efforce de faire intervenir ceux qui sont à proximité ou qui résident dans la vallée de l’Arve, là où ils sont situés. L’Arve est un gros pôle industriel, ce qui en soit est un sacré avantage. 500 mètres pour être chez le plieur d’alu, 1 kilomètre plus loin, il y va y avoir un spécialiste de traitement thermique sur acier… Tout est à portée de main. La marque fait donc travailler du local en plus de proposer un produit résolument durable.

Pour les planches c’est pareil. C’est un shaper local, de Haute-Savoie. Il est situé au bout de la vallée du Giffre, vers Saint Jeoire. C’est un partenariat entre lui est Plum’. Il signe les boards Plum mais les decks restent de la marque FiberFlex (et Aluflex pour les boards sur mesure). C’est la première année que ces planches sont sur le marché. C’est vraiment une collaboration entre différentes marques locales. Certains savent shaper des planches et des skis, d’autres savent faire les fixations, tout en restant dans une démarche locale. Le partage d’expérience, c’est la base de l’artisanat.

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co-pirate : Plum’ Splitboard

À l’instar du ski de randonnée, le splitboard évolue vraiment ces dernières années. Pendant 10 ans c’est resté très confidentiel, c’était des « kits Voilé** ». Les marques étaient d’ailleurs plutôt frileuses à l’idée de produire leurs propres splitboards. Mais depuis 3 ans il y a d’autres systèmes, de nouvelles marques et même dans les « poids lourds » de l’industrie, on peut trouver quasiment partout un sinon plusieurs modèles dans les gammes. On va en voir de plus en plus, c’est l’évolution logique de la glisse en montagne.

C’est vraiment un retour aux sources, un retour aux origines pionnières de l’esprit de la glisse, fondé sur le partage, la découverte, l’aventure un peu aussi.« 

*(définition wikipédia) En technique, le décolletage désigne un domaine de la fabrication où des pièces de révolution (vis, boulon, axe, etc.) sont usinées par enlèvement de matière à partir de barres de métal.

**Interface pensée pour installer les fixations classiques sur une planche, que l’on pouvait couper en deux soi-même, si l’un des rares modèles du marché ne convenait pas au pratiquant.

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co-pirate : Ultimate Test Tour

LA P’TITE ANECDOTE DU DODO LÉ LÀ

« On partait faire les dômes du Miage dans le massif du Mont Blanc, et on voulait accéder au dôme en redescendant par le glacier d’Armancette.

C’est une ascension à faire sur deux jours. Où tu montes et passes la nuit au refuge des conscrits avant de repartir au petit matin pour finir le sommet.

Sauf que nous, la veille, on se fit prendre par le brouillard et on n’a pas pu trouver le Passage du Mauvais Pas. On l’a cherché en vain, et avant de risquer de nous perdre à la nuit, on a fait demi tour pour aller dormir à l’hôtel de Tré La Tête (ndlr : de l’hôtel il n’a que le nom, il s’agit bel et bien d’un refuge en montagne)

Donc là peu fiers, mais sans se décourager, on est parti très tôt le matin, vu qu’on avait un dénivelé plus conséquent à enchainer et que nous n’avions aucune avance. Et là, le lendemain matin, cadeau !!! Sortant du brouillard, pour trouver un grand ciel bleu sur le glacier. On a enchainé le sommet avec pas mal de fatigue quand même, enfin surtout pour moi, et arrivé en haut on a eu une descente de quasi 2000 mètre de poudreuse sur le versant prévu depuis l’autre côté du coup. Un grand régal quoi. On n’est pas parti gagnant tu vois mais on est arrivé vainqueur quoi. C’est ça en fait haha (ndlr : je vous laisse imaginer l’énorme sourire qui se dessine sur la face de Dodo tout en racontant cette anecdote. Les yeux pétillent et il ne fait aucun doute qu’un bout de son esprit est resté plongé dans cette randonnée)

Voilà, ça c’est une bonne anecdote sans suite ni conséquence grave, même si on était plutôt mal parti, ce fut un pur bonheur et bien sur le tout en splitboard. On a eu notre cadeau« 

TBC***

***To Be Continued (en gros ça veut dire « à suivre ». On aurait pu se contenter de mettre ça mais aujourd’hui on aime bien les astérisques à répétition)

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