LIBERTÉS

Libertés à trois voies, souvenirs prochains… Il paraît qu’on écrit toujours la même histoire… Trippant

v01. StoryBoard (S.)

L’appel de l’ouest est fréquent, moi j’aime bien me tourner de l’autre côté, aller chercher le soleil d’où il vient, l’appel de l’est, vers les balkans, vers la frontière de l’orient…On est sur la route des croisades, c’est un bordel de passé monstrueux, vestiges grecs, mythologie, restes romains, empire byzantin, chevaliers, arabes, génois, vénitiens, turcs ottomans, italiens, …

Skarpanto a vu passé tout ce monde là…un bastion de #résistance insulaire face aux pirates africains et asiatiques, aux arabes, aux mauritaniens, aux sarrasins, au fisc turc, au fascisme récent.

Ce n’est que depuis peu que l’île est devenue #libre … et plus orthodoxe.…
Bref un bon sujet d’étude pour Corto Maltese…

Alors écoute Yom, et pousses encore un peu le son de la clarinette des balkans,

Tu commences à sentir l’iode te chatouiller la gorge, le blanc des mares de sel entre les rochers te brûle les pieds, le sable mouille tes yeux écarquillés par le soleil, …….. tu commences à partir, .

25ème jour… toujours du zef, belle session à Arkasa…

36ème jour… encore une pastèque sur la plage, les orteils dans l’eau… des images plein la tête …. le son des cigales , le cri de la mouette pour passer l’hiver…

v02. CoolTime (R. et S.)

L’appel de l’ouest est fréquent, l’amérique…. nous, on aime bien se tourner de l’autre côté, aller chercher le soleil d’où il vient, l’appel de l’est, vers les balkans, vers la frontière de l’orient… Là-bas c’est la limite avant l’autre continent, à quelques bords de la turquie asiatique. Des masses de mecs sont passés par là au fil du temps. On est sur la route des croisades. Sur rhodes, l’île alentour, c’est un bordel de passé monstrueux, le colosse domine la capitainerie mussolinienne, tu passes par Vauban pour aller à la mosquée.

PlayZik – Puppa Lëk Sèn – Pirates

Sur Skarpanto, les marques architecturales sont moins flagrantes que chez la voisine, pas de gros vestiges voyants non plus, … sinon des traditions marquées… Un bastion de RESISTANCE insulaire ! bravant les intempéries armées et politiques de la méditerranée, loin de la capitale, seule… Ce n’est qu’en quarante-sept que l’île sauvageonne est devenue grecque, mais toujours loin de la capitale, seule…

Le nord de l’île était encore séparé de Pighadia il y a cinq ans, juste une piste entre flancs de rochers et précipices vers le bleu, l’approvisionnement se fait par ferry, une fois par semaine en hiver, c’est pas amasone praïme : ta machine à laver, elle arrive dans la cale du ferry depuis Athènes, après une journée de mer Egée… idem pour le minimarket, pas de ferry, pas de Mythos… Du coup, la guitare oubliée, on l’a remplacée au Pirée, avant d’embarquer dans la soute. Une guitare grecque… pourquoi pas, ça doit résonner le bouzouki, la corde chaude, Nana Mouskouri ?

Tu as rêvé de la session depuis des kils, des centaines de kils au volant du cam, le matos dans le coffre qui crie à la famine, passant de saints en saints, de san en agios, de Bernard à Marino pour Nikolaos. Tu as encore enquillé pour quelques milles nautiques entre la cabine b83 quatre places et les salons quatre étoiles du Prevelis, le dernier ferry sur la route, celui qui veut dire que t’es sur le chemin du bon port… T’as quand même déjà sucé quelques glaçons d’un café sur le pont pour te maintenir en vie, face au soleil qui pique les yeux-lunettes…

Premier jour… Tu débarques avec mister Propre, celui qui est tatou jusque sur le gasoil du biceps, dans les effluves du fond de soute, le sifflet qui crie entre ses lèvres « allez, sors de là ! » . C’est good, t’es libre.

PlayZik – Yom – Journey of life

Alors tu te branches sur Yom, tu pousses encore un peu le son de la clarinette des balkans. tu fais le mix dans tes oreilles en ajoutant quelques cordes pincées d’un bouzouki, un cor de ferry, deux ou trois rires de mouettes, puis le vent qui siffle….

Tu commences à sentir l’iode te chatouiller la gorge, le blanc des mares de sel entre les rochers te brûle les pieds, le sable mouille tes yeux écarquillés par le soleil, …….. tu commences à partir…La traversée du port, la route sinueuse, la piste, …. Tu es alerte, t’as déjà checké que les arbres étaient bien toujours penchés cette année. L’autoradio toujours à fond dans les virages, Yom… ça sent par la fenêtre : ça sent Karpathos, l’herbe jaune, les cailloux colorés, le pin penché… Les pins ici poussent à l’horizontal, du haut de la colline à mi-chemin du spot, t’as checké aussi que toutes les risées du parti meltem influencées par le soleil ou la montagne partaient bien dans le sens commun…. Sur le pont du ferry déjà tu savais que tout était en place : oubliées par mister Propre, le poil doux de la sieste dans la main, les chaises avec des lanières en plastique avaient volées au passage du cap sud de l’île en contournant le Kastello, puis le bateau échoué, pas encore trouvé son histoire à celui-là, avait un peu plus rouillé au gré des dépressions d’hiver, et quelques points brillants s’agitaient au loin devant l’îlet Prasonissi… A la deuxième colline, tu distingues le camion des copains déjà sur place, au fond de la baie, le long de la plage… quatre point zéro, quatre-vingt-douze litre, jump dans le lagon de Makris Yalos ! Yo Jésuchri ! Nom d’un Métèque, hallelujah !

Deuxième jour. Les darons et les daronnes sous le figuier, pendant que les jeunes passent les tricks.

Quatorzième jour. Mélange de tongs suisses-austro-alémaniques et de mules alsaco-alpines, de pieds nus jurassiques. Entre les rochers de Diakoftis… ouzo d’un côté, il y a le scorpion qui traîne ses pinces dans le lagon, la voie lactée éclaire les skaros, l’espèce endémique du coin, et de l’autre côté, la comète qui passe entre les étoiles… la guitare chante encore quelques simples accords « Liberté, és, és ». Le mois d’août, tout est simple, les journées passaient…

dav

Trente-sixième jour…. un dernier café-frappé les orteils dans l’eau, le cul sur le sable… des images plein la tête …. le son des cigales , le cri de la mouette pour passer l’hiver…
PlayZik – Saez – Liberté

v03. ValeurAjoutée (N.)

Tu as rêvé de la session depuis des kils, des centaines de kils assis à l’arrière du cam, le matos dans le coffre qui crie à la famine.
Premier jour. A la deuxième colline, tu distingues le camion des copains déjà sur place, au fond de la baie, le long de la plage… Louis envoie les tricks dans la piscine ! Et c’est sûr, il a déjà des cloques plein les doigts… les palmes rouges. Il peut pas s’empêcher de naviguer non stop les premiers jours, comme un gosse. Yapluka libérer les boards du coffre, sauter dans le lagon de Makris Yalos ! Oh, yassas shaka ! Yamas !

Quatrième jour… burner à Vatha … treizième jour… skopu…, quinzième culo… jour, nuit à ChickenBay,…. flaka noh…. vingt dix-neuf konovid… fuck, nokovid onthebeach… Agrilaopotomas, loops, Arkasa, mousses… Secret spot, le temps des copains, du style ! Love ! Kings !

PlayZik – Mahom, Luiza – Le temps de l’amour

Le même jour, ou celui d’avant…. Le matin. Diakoftis. La première fois que la police me sort de l’eau… hahaha ! Plutôt du genre à fermer le spot à la nuit d’habitude. On n’a pas le droit de plancher ici… prohibition ! y a des baigneurs pas loin ! on est garé à cinq cent mètres de la beach… y a trente-cinq nœuds, c’est off, si tu casses, c’est la Lybie, ou si t’as de la chance un croiseur grec te ramasse avant celui de Recep pas super-détendu en ce moment, ils ont des soucis de clôtures de jardins je crois… Le flic insiste, Max sort de l’eau aussi, vénère la barbe en friche, c’était le jour du double culo ! Il le sentait bien aujourd’hui… On est à trente minutes d’une route en dur… y a dix kilomètres de cailloux et de chèvres avant l’électricité…. au sud du sud de l’est de l’est…. et y a deux flics qui te disent que tu peux pas rider le spot parce que y a quatre touristes qui regardent les crabes dans l’eau sous le parasol de la kantina à cinq cent mètres de nos spocks-culos. Le pluriel du non composé reste incertain, mais l’amende est sauvée, héritage du discours de Socrate ?

PlayZik – Dooz Kawa, Mandino Reinhardt – Balalaïka

L’autre jour, ou celui d’après. L’après-midi. Secret spot. Personne quoi. Zut, y a un gus qui se pointe, Thomas qu’il dit, tu rides avec mb (il a vu un sticker sur le cam) ? Euh, ouai, on est dans la famille, BalzM est mon grand-père et le shaper boit des bières avec mon père… Ah yes, pass’que je bosse aussi pour la team, je suis dans la distri et j’ai fait la déco de la future board de Kauli (Seadi, le keum quelques fois champion du monde de vagues, Kauli quoi !). Cool mec. J’ai la board dans mon cam… Y a pas de conditions au Brésil en ce moment, Kauli n’a pas d’images pour le catalogue…. Tu veux l’essayer, on fait des photos ? Bah ouai, ça roule !!! Du coup, il m’ont collé le portrait en une sur le site, classe, à côté de Balz (c’est pas vrai, c’est pas mon grand-père en fait) (mais mon grand-père a commencé la planche avant lui), secret spot sur la toile à la vue du monde entier… hahaha, bon okdac, le mythe des secret spots…, toujours une histoire qu’on raconte aux enfants ! Bref, je me retrouve à la place de Kauli pour la promo 21 couleurs brazil, photoshooté par un mec qui passait dans le coin avec un méga-zoom et une board encore secrète cachée dans un coffre suisse… Trop. Sans téléguidage.

Vingt-cinquième jour…toujours du zef, un peu trop même, … ça use, le sel… les mains, les pieds, … carton sur DevilBay…. Ya bien quelques Meickys, qui dansent encore dans le carton, mais… c’est dur… ça fait mal… 
Alors go pour une belle session échappatoire à Arkasa avec Laurent et Spyros.…

Trente-sixième jour…. une dernière session p’tit déj’ 7h du mat, Prasonissi, là où le soleil se lève. Là d’où il vient !… Des images plein la tête …. le son des cigales , le cri de la mouette pour passer l’hiver…

Texte Seb Fournier, images de la family

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.